07/06/2026
🐾 Vous les avez sûrement entendues avant de les voir...
Au détour d'un sentier, dans les alpages de Maurienne, un sifflement retentit. Une tête apparaît entre les herbes. Puis une autre.
Les marmottes font partie des trésors vivants de nos montagnes.
Mais pour continuer à les observer demain, quelques gestes simples sont essentiels aujourd'hui.
Découvrez comment profiter de cette rencontre magique tout en respectant leur environnement naturel.
# Observer les marmottes en Maurienne : un privilège à préserver
Des alpages de Valmeinier aux pentes du Galibier, en passant par Aussois, Bonneval-sur-Arc, Bessans ou le vallon de la Leisse dans le Parc national de la Vanoise, les marmottes font partie des rencontres les plus appréciées des randonneurs en Maurienne.
Leur célèbre sifflement accompagne souvent les balades estivales et émerveille petits et grands. Pourtant, derrière cette apparente familiarité, se cache un animal sauvage dont l'équilibre reste fragile.
Observer les marmottes est un privilège. Le faire dans le respect de leur mode de vie est une responsabilité partagée.
# # Garder ses distances pour mieux les observer
La meilleure observation est souvent celle qui se fait de loin.
Avec une paire de jumelles ou un appareil photo équipé d'un zoom, il est possible d'assister à des scènes de vie fascinantes sans perturber les animaux. Les marmottes passent l'essentiel de leur été à se nourrir afin d'accumuler suffisamment de réserves graisseuses avant leur longue hibernation.
Un dérangement répété les oblige à interrompre leur alimentation pour surveiller un danger potentiel. Cette dépense d'énergie peut sembler anodine mais, répétée tout au long de la saison, elle peut compromettre leur capacité à traverser l'hiver.
Une marmotte qui se sent en sécurité continue de vivre naturellement. Une marmotte stressée cesse de se nourrir et gaspille une énergie précieuse.
# # Rester sur les sentiers balisés
Les marmottes de Maurienne connaissent parfaitement les itinéraires fréquentés par les randonneurs.
Lorsqu'un promeneur reste sur un sentier balisé, sa présence est généralement intégrée au fonctionnement normal de la colonie. En revanche, sortir du chemin pour s'approcher d'un terrier ou traverser une zone de vie provoque immédiatement une réaction d'alerte.
Les colonies sont organisées autour de réseaux complexes de terriers où les animaux élèvent leurs petits, se reposent et se protègent des prédateurs.
Respecter les itinéraires existants permet donc à chacun de profiter de la montagne sans perturber la faune qui y vit.
# # Ne jamais nourrir les marmottes
La tentation est grande, notamment avec les enfants, de vouloir offrir un morceau de pain ou quelques biscuits à une marmotte.
Pourtant, ces aliments sont totalement inadaptés à son régime alimentaire naturel.
Les marmottes se nourrissent principalement d'herbes, de fleurs et de végétaux d'altitude. Les aliments apportés par l'homme peuvent provoquer des déséquilibres nutritionnels et modifier durablement leur comportement.
À terme, un animal nourri régulièrement par les visiteurs perd sa méfiance naturelle et devient dépendant de ressources artificielles.
Une marmotte sauvage doit rester sauvage.
# # Une vigilance particulière avec les chiens
Même tenu en laisse, un chien représente pour la marmotte la présence potentielle d'un prédateur.
L'odeur, les mouvements et parfois les aboiements suffisent à maintenir les animaux en état d'alerte. Cette vigilance permanente réduit leur temps d'alimentation et augmente leur dépense énergétique.
Dans les secteurs où les colonies sont nombreuses, il est recommandé de garder son chien au plus près de soi et de respecter les réglementations locales, notamment dans les espaces protégés.
# # Une organisation remarquable face aux dangers
Les marmottes vivent en groupe et disposent d'un système d'alerte particulièrement efficace.
Certaines jouent le rôle de sentinelles. Dès qu'un danger est détecté, elles émettent un puissant sifflement qui déclenche instantanément le repli de la colonie vers les terriers.
Ce comportement spectaculaire fait partie des observations les plus impressionnantes que l'on puisse réaliser en montagne.
Pour le visiteur patient et discret, c'est l'occasion d'assister à une véritable scène de vie sauvage.
# # La montagne n'est pas un parc animalier
Depuis quelques années, les professionnels de la montagne constatent une fréquentation croissante des espaces naturels.
Cette évolution est positive car elle permet à davantage de personnes de découvrir la richesse de la Maurienne. Mais elle s'accompagne parfois d'une méconnaissance des règles élémentaires d'observation de la faune.
Chercher à approcher un animal pour un selfie ou pour obtenir une photo spectaculaire n'est pas compatible avec une observation respectueuse.
Le véritable privilège consiste à voir l'animal évoluer librement dans son environnement naturel.
# # Un trésor vivant de la Maurienne
Avec le bouquetin, le chamois, l'aigle royal ou le gypaète barbu, la marmotte participe pleinement à l'identité montagnarde de la Maurienne.
Des portes du Parc national de la Vanoise jusqu'aux grands cols alpins, elle fait partie de ces rencontres qui marquent durablement un séjour en montagne.
Préserver cette faune exceptionnelle est l'affaire de tous.
Quelques gestes simples suffisent :
• Observer à distance
• Rester sur les sentiers
• Ne jamais nourrir les animaux
• Garder les chiens sous contrôle
• Respecter le calme des lieux
Ainsi, les générations futures pourront elles aussi entendre longtemps le sifflement caractéristique des marmottes résonner dans les alpages de Maurienne.