16/06/2026
Vous pensez que désigner votre holding comme présidente de la SAS vous protège du risque management fees ?
Cour d'appel de Poitiers, chambre sociale, 28 janvier 2021, n° 18/02445
Le schéma est classique. Dirigeant salarié d'une SAS pendant 30 ans. Cession de l'entreprise. Il reste via son EURL personnelle, désignée présidente de la SAS reprise. Facturation : 20 000 € HT par mois, plus véhicule, frais de déplacement, téléphone.
En théorie, le double emploi est purgé. La holding est mandataire social, ses honoraires rémunèrent son propre mandat. Plus de discussion sur la cause, plus d'acte anormal de gestion à craindre.
Sauf que l'URSSAF est passée. Et la cour d'appel a validé le redressement pour abus de droit social.
Les marqueurs retenus par le juge :
- EURL mono associée (le dirigeant lui même). .
- Quasi totalité des honoraires en provenance de la SAS.
- Aucune autre activité significative développée par la holding.
- Engagement statutaire d'exclusivité de l'activité du dirigeant au groupe.
Conclusion : la SAS rémunère en réalité une personne physique via une coquille, dans le seul but d'échapper aux cotisations sociales attachées au mandat.
L'article L. 227 7 du Code de commerce autorise la PM dirigeante. Mais il ne dispense pas le montage de correspondre à une réalité économique.
Désigner la holding mandataire ne suffit donc pas. Il faut de la substance : pluralité d'activités, autres clients, moyens propres, absence d'exclusivité de fait.
Et depuis la LFSS 2024, le comité de l'abus de droit social a été supprimé. L'URSSAF a la procédure allégée pour attaquer.
Le terrain fiscal a longtemps occupé toute la place dans le débat management fees. Le front social s'ouvre maintenant, et il ne se refermera pas.