29/07/2026
En observant les incendies en , je ne suis pas seulement frappée par le feu.
Je suis frappée par ce qu’il révèle de nous, de nos et la façon de chacun de tenter
d’y pallier avec ce qui est.
Certains sont rentrés chez eux malgré les risques, d’autres font preuve d’impatience face à l’interdiction, d’autres encore ne sont pas partis et angoissent à l’idée d’un retour de feu qui ne pourrait être maitrisé quand ils ont choisi de rester.
Certains appellent sans cesse pour obtenir des nouvelles et saturent les lignes d’urgence.
D’autres encore cherchent à aider à tout prix, même lorsque les secours n’ont pas besoin
d’eux ou que les appels aux dons sont suspendus.
D’autres plus rares heureusement, y voient l’opportunité de piller les maisons vides.
Des journalistes, cherchent à être au plus prêt de l’évènement dans une situation déjà
suffisamment compliqué et anxiogène.
Les divergences de priorités semblent parfois se retrouver jusque dans les différents
niveaux de décision. Ce qui apparaît prioritaire sur le terrain ne semble pas toujours
coïncider avec les arbitrages institutionnels, donnant parfois le sentiment de répondre à
des logiques différentes.
À première vue, ces peuvent sembler incompréhensibles, parfois même contreproductifs.
Ils agacent, font réagir, et pourtant…
Selon chacun, il peut s’agir de comprendre, de se rendre utile, d’être reconnu, de retrouver
ou garder une forme de contrôle, d’apaiser un sentiment d’injustice, d’abandon, d’impuissance ou encore d’apaiser l’angoisse de la perte.
Ces réactions révèlent surtout ce que notre système de survie, qu’il soit physique ou
sociale identifie comme prioritaire lorsque notre sécurité est ébranlée.
En situation de crise, notre champ de perception peut se rétrécir.
Non parce que nous devenons égoïstes.
Mais parce que ce système concentre toute son attention sur ce qu’il croit devoir protéger,
quitte à reléguer au second plan son impact sur le collectif.
C’est une réponse qui n’obéit pas toujours à une logique apparente mais qui garantit
l’équilibre d’un système individuel.
C’est aussi ce qui explique que deux personnes, sincères, bienveillantes et intelligentes, puissent vivre la même situation sans percevoir les mêmes priorités et être incapables de se comprendre.
𝐋𝐚 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐧𝐞 𝐜𝐫𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬, 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐯𝐞̀𝐥𝐞. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐢𝐧𝐯𝐢𝐭𝐞 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐚̀ 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐢𝐧𝐠𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐧𝐨𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐨𝐧𝐝𝐨𝐧𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 : 𝐥’𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥 𝐞𝐭 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭
L’essentiel est ce qui permet au vivant et au collectif de tenir.
L’important appartient à chacun de nous.
Il est légitime mais il ne peut exister indépendamment du système dans lequel il s’inscrit.
Et une crise nous oblige à réinterroger cette hiérarchie.
Non pour renoncer à ce qui est important pour nous.
Mais pour nous demander :
𝑫𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒆𝒙𝒕𝒆 𝒒𝒖𝒆 𝒏𝒐𝒖𝒔 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒔, 𝒎𝒂 𝒑𝒓𝒊𝒐𝒓𝒊𝒕𝒆́ 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒊𝒃𝒖𝒆-𝒕-𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒂𝒖 𝒇𝒐𝒏𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏𝒏𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒖 𝒔𝒚𝒔𝒕𝒆̀𝒎𝒆… 𝒐𝒖 𝒆𝒔𝒕-𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒅𝒆𝒗𝒆𝒏𝒖𝒆 𝒔𝒊 𝒆𝒏𝒗𝒂𝒉𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒕𝒆 𝒒𝒖’𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒎’𝒆𝒎𝒑𝒆̂𝒄𝒉𝒆 𝒅’𝒆𝒏 𝒑𝒆𝒓𝒄𝒆𝒗𝒐𝒊𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒃𝒆𝒔𝒐𝒊𝒏𝒔 ?
Il ne s’agit pas ici de juger les réactions des uns ou des autres mais d’en comprendre les
enjeux.
S’inquiéter de sa maison ne signifie pas forcément que l’on ignore le travail des secours ou des forces de l’ordre.
S’inquiéter des animaux ne signifie pas forcément que l’on ne se préoccupe pas des
humains.
Rester chez soi pour se sentir en sécurité ne signifie pas forcément que l’on provoque
l’autorité ou que l’on se moque de la sécurité d’autrui.
Je crois sincèrement que comprendre les mécanismes qui nous traversent et ce qui se
joue est souvent plus utile que juger leurs conséquences, notamment pour savoir apaiser une situation plutôt que d’en faire un brasier.
La solidarité commence par la richesse de ce que nous sommes en mesure d’apporter au
monde et aussi par l’acceptation de ne rien faire qui puisse lui nuire.
Elle réside également dans notre capacité à comprendre ce que chacun tente de
solutionner individuellement dans cette crise collective et d’accepter que les priorités des
uns ne sont pas toujours celles des autres.
Il ne s’agit pas non plus d’approuver tout ce qui est en ignorant nos émotions et opinions.
Il s’agit d’observer l’écologie d’un système
dans lequel chaque décision influence son
équilibre et notre capacité à faire avec ce qui est dans un contexte qui est ce qu’il est.
𝐏𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐚𝐮 𝐟𝐨𝐧𝐝, 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐧𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞̀𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐯𝐮𝐥𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞̀𝐥𝐞 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭𝐞́ 𝐚̀ 𝐞́𝐥𝐚𝐫𝐠𝐢𝐫 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝 𝐬𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐞𝐱𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐯𝐨𝐧𝐬 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐚𝐫t.
Le sujet est ouvert aux partages dans le respect des uns et des autres.
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