18/10/2024
Règlement de compte entre petits copains !
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Le marin
Feriel ALOUTI. Publié le 17/10/2024 à 14h56
La chambre régionale des comptes épingle la gestion des chantiers navals de La Ciotat
Dans un rapport de près de 80 pages de chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur, publié jeudi 17 octobre, la juridiction financière documente les manquements observés dans la gestion des travaux de la plateforme Atlas 4 300 tonnes pour megayachts de La Ciotat shipyards.
Des salariés de LCS travaillent sur la plateforme Atlas. | FERIEL ALOUTIVoir en plein écran
La société n’apparaît pas structurée pour conduire des projets lourds. Ces mots piochés dans le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) de Provence-Alpes-Côte d’Azur, publié jeudi 17 octobre, font en partie référence à la conduite du projet de plateforme pour megayachts baptisée Atlas, lancé en 2017 et livré en 2022. Une gestion déficiente amenant à des protocoles transactionnels multiples et à un dérapage des coûts , dénoncent les auteurs.
Pendant plusieurs mois, la CRC Paca a épluché les comptes des exercices 2016 à 2022 de La Ciotat shipyards, société publique locale. Une première en vingt-cinq ans , relève Pierre Tidda, son chef des services qui assure ne pas être inquiet du tout . Nous venons de sortir un 109 mètres sur le 4 000 tonnes, MB92 investit beaucoup, nous allons construire un parking de 350 places, une crèche de 20 places, créer d’autres ateliers et le planning est plein jusqu’à cet été.
Près de 270 000 euros perçus sur un an après son départ
Il reconnaît toutefois, des erreurs de gestion dans la conduite du projet de l’ascenseur de 4 300 tonnes qui ont valu à La Ciotat shipyards de payer une rallonge de 5,5 millions d’euros au groupe Vinci pour des travaux non prévus dans le contrat initial. Parmi les autres irrégularités repérées par la juridiction financière : le chef de projet chargé de l’analyse des offres de l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), relatives aux questions environnementales, avait été employé par la société qui a remporté le marché.
Le Conseil d’État a eu l’occasion d’annuler un marché dans un cas comparable , rappellent les auteurs du rapport. Une faute de gestion caractérisée , reconnaît Pierre Tidda qui impute la responsabilité à l’ancien directeur Jean-Yves Saussol, discrètement remercié en 2021. Il s’est complètement planté, il a voulu gérer seul ce projet, il a caché la poussière sous le tapis.
Un autre point chiffonne la CRC : la rémunération de Jean-Yves Saussol, celui-ci ayant continué à être payé plus d’un an après son départ, officiellement parce que ce haut fonctionnaire dépendant du ministère de l’Économie n’a pas obtenu de poste. Il a donc perçu près de 270 000 euros brut entre le 1er août 2021 et le 9 octobre 2022, ce qui fait une rémunération mensuelle de 19 000 euros brut.
La « pertinence du maintien du site » remise en doute
Enfin, la CRC estime que la pertinence du maintien d’une société publique locale n’apparaît plus évidente , au regard de la croissance économique du site . Une conclusion sévère et infondée, défend Pierre Tidda. La privatisation du site serait une catastrophe, ce sera racheté par un fonds de pension et plus personne ne maîtrisera rien au niveau de l’embauche des sous-traitants , prévient le chef de service, une partie d’entre eux étant recrutés localement. Lundi 14 octobre au soir, lors d’un conseil municipal extraordinaire, l’ensemble des élus de La Ciotat ont tenu à défendre les résultats obtenus par le chantier naval.