18/01/2021
Gestion forestière, Stop aux idées reçues !
Pourquoi gérer sa forêt ? Les interventions de l’homme sont-elles utiles et nécessaires ?
Voilà des questions qui émergent, il faut y apporter une réponse claire.
Oui la gestion forestière est utile, nécessaire et bonne pour la forêt. Encore faut-il savoir s’y prendre !
Une bonne gestion forestière protège la nature, la biodiversité et les arbres. Elle permet de préparer la forêt de demain et de faire naître des écosystèmes durables, adaptés aux changements climatiques brutaux que nous observons ces dernières années. C’est ce à quoi s’emploient les forestiers français.
Résultat, la déforestation n’est pas d’actualité en France, la forêt gagne du terrain chaque année : 90 000 hectares par an depuis 1985 !
Alors stop aux idées reçues !
Gérer sa forêt pour faire face au changement climatique !
Optimiser le stockage carbone
Les arbres d’une forêt à l’état primaire stockent peu de carbone. En effet, si le bois arrivé à maturité n’est pas récolté et reste en forêt, l’arbre poursuit son cycle naturel, meurt et se décompose, relâchant ainsi une partie du carbone dans l’air.
Au contraire, le prélèvement d’arbres et leur utilisation comme matériaux permet de stocker le carbone plus durablement[1] tout en libérant de l’espace dans la forêt pour planter de jeunes arbres qui prendront le relais et séquestreront le carbone en forêt.
Des peuplements à renouveler pour faire face aux évolutions climatiques
Depuis une dizaine d’années, les problèmes sanitaires en forêt s’intensifient : chalarose, rouille, scolytes, etc. En cause ? Le réchauffement climatique : frênes, épicéas et peupliers sont de plus en plus attaqués par des insectes et des champignons alors même que la multiplication des épisodes climatiques extrêmes les a durablement affaiblis.
Si les scolytes[2] sont connus des forestiers depuis le moyen-âge, cela ne fait que quelques années que leur présence est devenue problématique. En effet, les hivers, plus chauds, ne permettent plus de tuer suffisamment de scolytes avant le début du printemps et n’endiguent donc plus la prolifération de l’insecte ravageur. Les crises répétées d’invasion de scolytes obligent les forestiers à des coupes massives. Le cas des scolytes n’est qu’un exemple parmi d’autres, on trouve aussi désormais dans nos forêts des maladies venues d’ailleurs et contre lesquelles nos forêts ne sont pas habituées à résister.
L’importance du maintien d’un équilibre sylvo-cynégétique
Enfin, à l’heure où nos forêts sont fragilisées, il est urgent de veiller à leur bon équilibre sylvo-cynégétique. De plus en plus de départements sont concernés par des surpopulations de sangliers et de cervidés. Ce qui entraîne des dégâts : les forêts sont abîmées par les animaux particulièrement friands de jeunes arbustes encore fragiles. Cela compromet également le renouvellement des forêts. La chasse est capitale pour garantir cet équilibre naturel à l’heure où les grands prédateurs ont, pour la plupart disparu. Une bonne gestion forestière permet également de surveiller ce point.
Production et respect de l’environnement ne sont donc pas des objectifs contradictoires : c’est par une gestion durable des forêts dès aujourd’hui que les forestiers garantissent l’avenir et créent les conditions de la production du bois de demain ! Un forestier se projette sur le long terme. Il sait qu’il plante pour les générations futures, de ce fait, il s’inscrit dans une vision long terme. Ainsi, une gestion forestière dynamique et respectueuse n’est pas seulement compatible avec le développement durable : elle y contribue.
[1] pendant quelques mois pour une cagette ou quelques dizaines d’années dans le bâtiment (un m3 de bois utilisé c’est une tonne de CO2 fixée).
[2] petits coléoptères de 1,3 à 5 mm de long qui s’attaquent de préférence aux épicéas et creusent des galeries sous l’écorce des arbres qu’ils colonisent conduisant au dessèchement de l’arbre infecté