20/06/2026
Algues vertes en Bretagne : la vérité qu'on ne veut pas voir
Résumé — BreizhEauNet.fr
« On a trouvé un coupable assez tôt pour ne jamais chercher les complices. »
Le mensonge par omission
Pendant vingt ans, on nous a vendu une histoire simple : les algues vertes, c'est la faute des nitrates agricoles. Une histoire pratique, parce qu'elle a un coupable tout désigné — l'agriculteur breton — et qu'elle dispense tout le monde d'aller chercher ailleurs.
Cette histoire n'est pas fausse. Elle est incomplète, et cette incomplétude n'est pas un hasard : elle arrange du monde.
Les nitrates sont le carburant. Mais un feu ne prend pas sans carburant et sans étincelle qui détruit les coupe-feu naturels. Or les coupe-feu de nos baies — la microcouche de surface, le zooplancton brouteur, les bactéries qui régulent l'azote, le verrou chimique qui piège le phosphore au fond — sont méthodiquement désarmés par un cocktail de molécules que personne ne surveille, que personne ne nomme, et que les plans de lutte officiels n'évoquent jamais.
Ce qu'on ne traite pas, parce qu'on ne le cherche pas
Les stations d'épuration ont été conçues au siècle dernier pour un problème du siècle dernier : l'azote, le phosphore, la matière organique. Elles laissent filer, sans même les voir, des tensioactifs qui détruisent la peau de l'eau, des résidus de pesticides qui n'ont jamais figuré sur aucune étiquette, des perturbateurs endocriniens qui se renforcent en se dégradant au lieu de disparaître.
C'est le cœur du problème : la loi surveille ce qui est simple à mesurer, pas ce qui est dangereux. Une eau peut être parfaitement conforme aux normes et porter, malgré tout, le poison qui tue l'écosystème en aval. Ce n'est pas une faille technique isolée. C'est la philosophie même de notre système de surveillance, et elle a déjà été dénoncée par les parlementaires eux-mêmes, qui ont parlé un jour de connivence entre élus, État et professions impliquées dans la dégradation de l'eau. Vingt ans plus t**d, rien n'a