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Suite aux annonces du président hier, notamment sur les retraites, je me permets de vous faire suivre cette tribune paru...
18/03/2022

Suite aux annonces du président hier, notamment sur les retraites, je me permets de vous faire suivre cette tribune parue dans les Échos lundi dernier. L'article étant réservé aux abonnés, voici la version originale: https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-la-retraite-a-65-ans-etait-une-bonne-idee-il-y-a-15-ans-1393442

LA RETRAITE A 65 ANS ETAIT UNE BONNE IDEE… IL Y A 15 ANS.

Le président Macron, candidat à sa réélection, a remis au cœur de la campagne le mistigri de l’âge du départ à la retraite, pour effacer la gestion hasardeuse de la réforme Delevoye. L’équation semble assez simple : travailler plus (partir à 65 ans pour avoir une retraite à taux plein) pour gagner plus (créer d’une pension minimale à 1100 euros pour les plus vulnérables). Cet effort supplémentaire est-il un outil pertinent pour répondre aux défis posés par notre système de retraites ?

Derrière un bon sens apparent…

La proposition paraît pleine de bon sens : chacun sait que la population française vieillit et que l’espérance de vie s’allonge (nous compterons 200 000 centenaires en 2070).
Les études, qui restent un bouclier contre le déclassement dans la mêlée mondiale, se dilatent, et re**rdent l’entrée des jeunes sur le marché de l’emploi,
Il s’agit aussi d’une mesure de rattrapage, alors que nos voisins ont reculé dès 2005-2010 l’âge du départ en retraite à 65 ans (Autriche, Espagne, Chypre), 66 ans (Danemark, Irlande) ou même 67 ans (Italie, Grèce, Islande, Allemagne dès 2031). Seuls les Norvégiens dans l’UE partent au même âge que les Français. 9 pays membres donnent un bail plus précoce aux femmes qu’aux hommes (Autriche, Pologne, République tchèque, etc.).
En responsabilité, le président promet enfin de répondre aux difficultés de financement de notre système de retraite, déficitaire de 18 milliards d’euros en 2020, soit 0,8% du PIB. En 2022, la richesse nationale consacrée aux retraites s’élevait à 13,7% du PIB.

… L’oubli des nouveaux paramètres démographiques

Mais voilà, les chiffres sont têtus, et dans son rapport de 2021, le COR insiste sur le nouvel environnement démographique dans lequel il faut penser la réforme. « A partir de 2030(…) la part des dépenses de retraite dans le PIB baissera (…). A l’horizon 2070, la part des dépenses de retraite dans le PIB serait même inférieure à celle de 2019 » (à 11,3%). Comment expliquer ce changement ?
Premièrement, l’espérance de vie stagne. Pour les femmes, elle est passée de 81,8 ans à 85,4 ans entre 1994 et 2014 et stagne depuis (85,1 ans en 2020). Pour les hommes, elle a grimpé entre 1994 (73,6 ans) et 2019 (79,7 ans) mais recule légèrement (79,1 ans).
Deuxièmement, les cohortes des néo-retraités en 2040 seront moins volumineuses que celles du baby-boom, qui s’éteindront progressivement.
Troisièmement, les cohortes de jeunes inactifs seront vraisemblablement moins importantes, du fait de « classes creuses » liées à la réduction de la fécondité : 1,87 enfant par femme en 2019, contre 2 entre 2006 et 2014.
Dernièrement, le solde migratoire stabilisé autour de 100 000 âmes par an ne fera que compenser le ralentissement du croît naturel ; et beaucoup des arrivants seront des adultes en âge de cotiser, qui ne pèseront ni sur l’école, ni sur l’hôpital, ni sur les retraites.
A législation constante, rappelle le COR, le ratio des 20-59 ans par rapport aux moins de 20 ans passera de 1,9 en 2020 à 1,3 en 2070.

Les décisions utiles ont déjà été prises, reste à répondre aux inégalités criantes.

Le vieillissement de la population pose effectivement la question de la viabilité du système. Mais des réponses ont été apportées avec la loi Fillon II en 2010 (report dès 2018 de l’âge légal à 62 ans), et surtout avec la loi Touraine de 2014. Compte tenu de la hausse progressive du nombre de trimestres de cotisations requis pour une retraite à taux plein, quelqu’un né en 1973 doit 43 ans de cotisations. Un diplômé de master II signant son premier contrat à 23 ans disposera d’une retraite complète à 66 ans. Le législateur a prévu un allongement de la durée de cotisation d’un trimestre tous les trois ans. Le même diplômé, né en 1981, sait qu’il partira à 67 ans. S’il partait à 65 ans, il subirait une douloureuse décote.
Les vrais problèmes ne seront pas résolus par cette mesure paramétrique, une manœuvre politique transformant l’élection à venir en référendum pour ou contre les 65 ans. La pension minimum de 1100 euros va certes au-delà de ce que prévoyait la réforme Delevoye. Elle n’est cependant pas à la hauteur du défi de la dépendance, quand le coût moyen d’une des 780 000 places en institution (EHPAS, EHPA, USLD, SSIAD) en 2019 était de 2004 euros par mois (CNSA). En 2018, 9% des plus de 75% vivaient déjà dans des institutions spécialisées. En 2050, ces personnes âgées dépendantes représenteront 4,3% de la population totale (et 1 personne de plus de 60 ans sur 6), contre 3,7% aujourd’hui. La réforme ne financera pas la « 5ème branche » créée en 2021.
Un autre enjeu clef est le maintien du revenu des retraités à long terme : alors que les générations d’actifs actuels cotisent plus que les baby-boomers, ils toucheront des pensions moindres. Selon le COR, du fait du découplage entre le niveau des pensions et des revenus, la pension brute représentera en 2070 35% du revenu brut, contre 50% actuellement. Le niveau de vie des retraités en 2070 pèsera au plus 80% de celui des actifs… comme dans les années 1980 !
Le dernier et principal enjeu reste la résorption des inégalités entre les individus. Là encore, la mesure des 65 ans semble inique. Elle pénalise ceux qui sont entrés tôt en activité, occupant souvent des métiers pénibles, et dont l’espérance de vie à 65 ans est la plus faible (6,7 ans d’espérance de vie à 65 ans pour les 5% les plus pauvres, 19,4 ans pour les 5% les plus aisés). Elle ne résout pas non plus les inégalités liées aux carrières heurtées ou tronquées (chômage, reconversion, maladie, alternance salariat/indépendance, etc.).

Bien conscient de tout cela, le président Macron poursuit un autre but : contenir la dépense publique en réduisant le nombre et la durée des pensions à verser, plutôt que maintenir la solidarité par la voie fiscale ; contenir le niveau d’endettement des organismes gérant les régimes de retraite et faciliter le développement de l’épargne retraite qui alimente les inégalités d’une part et les marchés financiers et leur instabilité d’autre part.

Le président Macron, candidat à sa réélection, a remis au cœur de la campagne le mistigri de l’âge du départ à la retraite, pour effacer la gestion hasardeuse de la réforme Delevoye. L’équation semble assez simple : travailler plus (partir à 65 ans pour avoir une retraite à taux plei...

Merci au magasine Challenges et à pierre de menthon d'avoir accepté de publier quelques bonnes pages de mon ouvrage Les ...
20/12/2021

Merci au magasine Challenges et à pierre de menthon d'avoir accepté de publier quelques bonnes pages de mon ouvrage Les grands penseurs de l'économie politique (2021) chez Groupe Eyrolles, ainsi qu'un entretien expliquant tout l'intérêt de (re)lire ces géants pour construire de nouvelles réponses aux défis de notre temps.

L'occasion de mettre en lumière, aussi, .. le travail de Marie-Pierre Danset et Agnès Fontaine tout au long de ce projet, .. celui de mon infatigable et précieux relecteur, Francis Plancoulaine.

De redire enfin toute ma gratitude .. à Pierre Dockès pour sa préface, et sa très belle mise en perspective de l'ouvrage. .. à Bruno Roche et à LE COLLEGE SUPERIEUR DE LYON pour avoir accueilli il y a quatre ans les conférences qui ont donné la matière à cet ouvrage.

La r***e est en kiosque dès à présent, et le livre est accessible sur le site de l'éditeur. N'hésitez pas à partager! Et à découvrir le petit frère de cet ouvrage, paru quelques mois plus tôt chez Dunod, Les défis du capitalisme.

Chose promise chose due, les premières lignes de mon dernier livre Les grands penseurs de l'économie, et la préface écri...
30/08/2021

Chose promise chose due, les premières lignes de mon dernier livre Les grands penseurs de l'économie, et la préface écrite Pierre Dockès. Une invitation à (re)découvrir 6 géants de l'économie politique pour mieux comprendre le monde présent.
Merci à Agnès Fontaine et à toute son équipe des éditions Groupe Eyrolles, ainsi qu'au LE COLLEGE SUPERIEUR DE LYON!

Préface Sur les épaules des géants[1] Il est des livres qui ajoutent à leur utilité le plaisir de la lecture. En voici un. On ne s’ennuie jamais en accompagnant Arnaud Pautet dans son voyage chez q…

08/07/2021

A découvrir, les premières pages de la nouvelle édition de mon "Précis d'histoire du XXe-XXIe siècles" chez Ellipses, en librairie depuis le 6 juillet:https://www.editions-ellipses.fr/accueil/13792-precis-dhistoire-des-xxe-et-xxie-siecles-3e-edition-mise-a-jour-et-augmentee-9782340057876.html
A destination des licence de sciences humaines, des étudiants en IEP, CPGE, concours administratifs... Et des curieux. Merci à nouveau à Serge Berstein pour sa postface éclairante sur la place de l'histoire dans le monde qui vient. Ainsi qu'aux éditrices successives qui ont prêté vie à ce projet.

Livre - Editions Ellipses - Pautet Arnaud - Précis d’histoire des XXe et XXIe siècles - 3e édition - 9782340057876

08/07/2021

Tribune publiée dans Les Echos le 6 juillet 2021.

Le baccalauréat : rémission ou lente agonie ?

Jean-Pierre Chevènement fut, en 1985, le premier locataire de la rue de Grenelle à fixer l’objectif des 80 % d’une classe d’âge au baccalauréat. Aujourd'hui, 85 % des jeunes d’une cohorte décrochent le baccalauréat, précieux sésame pour le supérieur. Une chance pour la France, sommée par l’Union européenne d’amener 40 % d’une classe d’âge au niveau de la licence, en vertu de la stratégie de Lisbonne.

A l’heure de la compétition mondiale des talents, nul ne saurait s’en plaindre. Alors que les adultes peinent à offrir aux jeunes un imaginaire mobilisateur et des perspectives, leur assénant ad nauseam des discours sur la fin des temps (dérèglement climatique) et la fin du mois (paupérisation et déclassement), on doit se réjouir de leur proposer un peu d’espérance.
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, a opportunément transformé l’essai marqué par ses prédécesseurs. Avec le contrôle continu, étroitement surveillé, le ministre s’est donné les moyens de dépasser les 90 % de réussite, et de supprimer, dans l’indifférence générale, les épreuves finales nationales.
Moquée au sujet du classement Pisa, l’école républicaine devrait s’en féliciter, et les chantres de l’évaluation des politiques publiques chanter les louanges d’un État «efficace» dans l’emploi des deniers publics.

Un diplôme sans grande valeur
Personne n’est dupe car il s’agit d’un succès d’estime. Si quelques hiérarques du ministère se félicitent, en coulisse les enseignants désespèrent et les parents sont pris de vertige face au gouffre séparant les résultats de leur progéniture et la valeur de leur diplôme.
Un examen est une monnaie : distribué avec trop de générosité, sans régulateur légitime ni considération des besoins du marché, il se déprécie. Lorsque les utilisateurs perdent confiance dans cette monnaie, ils la remplacent par une autre.
S’engage alors, en matière d’éducation, une course aux certifications, aux distinctions, où le capital social (réseau familial, expériences associatives) ainsi que les ressources culturelles et économiques (voyages à l’étranger, cours dispensés par des officines privées, activités qui «élèvent» les enfants) deviennent les plus rentables.

Des inégalités renforcées
La géographie renforce ces inégalités, car l’offre pour développer les compétences attendues est concentrée dans les métropoles où les cadres sont surreprésentés. Pourtant, 3 3% des Français vivent selon l’Insee en 2021 en zone rurale. Quant aux 14 % de Français pauvres, qu’ils résident dans la «France périphérique» ou l’hypercentre des métropoles, ils n’ont pas les moyens de s’offrir ces formations.
La poursuite d’une parfaite égalité de droit (le baccalauréat est un droit ; toute sélection, élitiste, une entrave) crée une formidable inégalité des chances (les plus avertis gardent jalousement l’information stratégique en matière d’orientation, déambulent dans les zones grises du système pour en faire profiter leurs enfants). Cette politique aboutit au résultat inverse de celui escompté : le renforcement des inégalités, masqué par un discours mièvre sur l’égalité des chances et le catéchisme républicain.

La fin d'un rite de passage
Qu’on se le dise, le baccalauréat agonise. Les algorithmes (Admission Post-Bac, puis Parcoursup) ont instillé un poison fatal : l’attention des lycéens de terminale, dès le printemps, se concentre sur leur orientation, et se détourne d’un examen démonétisé.
En suspendant les épreuves communes, l’institution détruit le dernier rite de passage collectif et républicain d’entrée dans l’âge adulte : solennel, anonyme, délibératif, il termine un parcours initiatique, parachève le compagnonnage discret entre le maître et son élève.
Bien sûr, le ministère peut s’abriter derrière un oral qui, faute d’heures suffisantes pour le préparer, n’a de «grand» que le nom. Mais les faits sont têtus et les parents, avec re**rd et amertume, découvriront vite la supercherie.

Economies budgétaires
Le contrôle continu, nécessaire, comporte bien des atouts : il oblige les enseignants à avancer en équipe, à harmoniser leurs exigences, à faire évoluer leurs pratiques. Mais à quel prix ? Infantilisation des professeurs, bienveillance travestie par la perte de l’exigence, liberté pédagogique corsetée.
Pourquoi alors supprimer les épreuves finales ? Il n’est pas question de pédagogie, mais d’économie : le coût de l’examen a été estimé entre 60 millions et… 1,5 milliard d’euros.
Le baccalauréat réduit au contrôle continu exproprie l’enseignant de sa notation, et avec elle de son expertise ; incite les établissements concurrents à rehausser artificiellement les notes pour ne pas décevoir et perdre leur public ; angoisse les parents, prompts à faire pression sur les enseignants, pour que leur notation n’entrave pas le projet de leur enfant. Enfin, les classements des dossiers Parcoursup par les établissements post-bac sont rendus plus aléatoires, opaques et déshumanisés.

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02/06/2021

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15/06/2020

L’équipe d’Auteurs de Vue a aujourd’hui le plaisir de lancer sa nouvelle collection de micro-learning « L’ENTREPRISE EN PERSPECTIVE » (https://auteursdevues.net ). Composée de 15 capsules d’une durée de 5 minutes, elle fait se confronter le regard de sociologues, d’historiens, d’économistes, de spécialistes de gestion, pour vous aider à mettre en perspective le management des organisations, et mieux appréhender les transformations de l’entreprise.
Nous vous invitons à découvrir la capsule de présentation jointe à ce post.
N’hésitez pas à me contacter si vous désirez plus d’informations. ([email protected] ).

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