11/12/2018
Depuis un sacré bail, l'homme se qualifie en empruntant aux animaux des caractéristiques qu'il leur a lui-même attribuées, toute fine mouche qu'il se croit. Alors que son bestiaire disparaît sous ses yeux, l'homme fait son jars. Les requins de la finance et autres gros poissons dominent les mares aux grenouilles qui nous gouvernent et nous paient en monnaie de singe, nous, pauvres moutons enragés, en retombant toujours comme des chats sur leurs pattes. Les loups ne se mangent pas entre eux mais nous assènent qu'à cheval donné, on ne regarde pas la bride. Il y a anguille sous roche.
C'est donc tassés comme des sardines que nous montons sur nos grands chevaux pour réveiller d'un coup tous les chats qui dorment. Mais à force de courir mille lièvres à la fois pour lutter contre les périodes de vache maigre, nous célébrons le mariage de la carpe et du lapin jusqu'à en devenir chèvres. C'est à en plumer son renard, oui.
Avant de vivre dans un gigantesque panier de crabes, demandons nous s'il n'y a pas d'autres chats plus importants et inquiétants à fouetter.
Le problème est là, gros comme un éléphant dans la pièce. A force de préférer être beau comme un camion, comment l'homme osera-t-il se prétendre habile comme un singe alors qu'il les aura tous sacrifiés avec ses yeux de merlan frit au nom du grand cheval fiscal?
Nous ne pouvons éternellement agir en peaux de lapin et peigner la girafe pendant que notre bestiaire se meurt sous le joug des paons que nous sommes.
Alors, têtes de linottes, ours mal léchés, poules mouillées, brebis galeuses, yeux de gazelle, peaux de vaches et ânes bâtés, soyons copains comme cochons. Prenons le taureau par les cornes pour préserver ceux qui nous permettent encore de nous définir avec humour et douceur. Arrêtons la politique de l'autruche et ne cédons plus aux métaphores industrielles et polluantes. Car, quand nous serons faits comme des rats, il sera bien trop t**d pour verser des larmes de crocodiles.