11/08/2023
[📢] Vous en avez probablement entendu parler. Alors que Paris accueillera le monde entier à l’été 2024, il faut nettoyer les bords de Seine. Des bouquinistes en particulier…
C’est que la ville a une ambition : offrir pour la première fois de l’histoire des cérémonies hors d’un stade.
Dans sa grande bienveillance, c’est sans compensation financière, et en proposant de déloger puis réinstaller tout le matériel, que la Mairie et la préfecture - donc l’État - ont annoncé la nouvelle. Pardon, ce n’est pas de la mauvaise volonté. Mais quand on a déjà du mal à nettoyer des trottoirs, déménager puis réinstaller des centaines de boîtes et stocker quelques 200 000 livres, nous n’y croyons pas une seconde. Encore moins lorsque l’on est confronté depuis 1 an, ce qui est mon cas, à une exception mondiale bien plus spectaculaire que celle d’une lignée de libraires sur 3 kilomètres : l’administration parisienne.
Au-delà de l’aspect économique, les bouquinistes attendaient l’événement avec joie. Accueillir, discuter, servir de signalétique, parler littérature, histoire et anneaux olympiques avec le monde entier, quelle chance ! La rencontre est notre raison-d’être.
En remerciement de bons et loyaux services, nous sommes priés de nous taire. Et il faudrait en plus dédommager ces gens de trottoir ? Quelle idée saugrenue ! Ils pourront profiter de semaines de vacances sur un radeau construit avec leurs livres. Un peu de vent et tendez une affiche sur un mât, à eux la Méditerranée !
Entre nous, une cérémonie avec la plus grande librairie à ciel ouvert du monde, ça aurait eu de la gueule… Saramago aurait fait de l’épée avec Pouchkine, Kerouac la course avec Romain Gary.
Le combat continue. Battu par les flots, mais ne sombre pas.
Merci de votre soutien !
À bientôt et bonnes vacances ☀️