30/01/2025
55 900 €, pour une estimation comprise entre 12 000 et 15 000 € : cette grande toile (haute de 1,07 m) de Chaïbia Talal reflète le succès rencontré par la collection Cérès Franco, dont elle était issue et qu’Ader dispersa le 24 janvier. 88% des lots trouvèrent preneurs, preuve que la galeriste et collectionneuse d’origine brésilienne, disparue en 2021, bénéficie toujours d’une aura certaine.
Son goût précurseur, sa liberté de pensée et sa curiosité intellectuelle la poussèrent à étudier et défendre les artistes qui défiaient les normes et que l’on catégorise aujourd’hui entre l’art naïf, l’art brut ou l’art singulier, aux côtés du groupe CoBrA. Dès les années 1960 et 1970, elle exposa ses amis Marcel Pouget, Jean Rustin, Michel Macréau, Jacques Grinberg, Corneille, Abraham Hadad, Jaber, Stani Nitkowski ou encore Chaïbia, artistes dont un certain nombre est représenté dans la Coopérative-Musée Cérès Franco, ouverte en 2015 à Montolieu, près de Carcassonne, à l’initiative de la galeriste elle-même.
Avec vingt-deux œuvres conservées, Chaïbia (née en 1929) y figure en bonne place. Cette artiste autodidacte marocaine, qui commença à peindre en 1963 et fut rapidement repérée par le critique d’art Pierre Gaudibert, souleva l’enthousiasme des amateurs le 24 janvier à Drouot : outre ce « Labour » de 1966, une « Composition » à l’acrylique sur papier fut emportée à 22 100 € pour un prix de départ fixé entre 6 000 et 8 000 € ; un « Homme dans la forêt », de même technique, fut adjugé à 16 900 € pour une même estimation, tandis qu’une autre « Composition », peinte vers 1965 à la gouache sur papier, partit à 8 450 euros alors qu’on en attendait entre 2 000 et 3 000 €.
Corneille et Michel Macréau, ardemment défendus par Cérès Franco, couronnèrent la vente avec une toile peinte à quatre mains en 1968, large de 2 m et cédée à hauteur de 80 600 €. Notons également de belles surprises, notamment du côté des Brésiliennes Eli Malvina Heil et Maria Grauben.