14/07/2013
« Paris Capitale numérique », coup de bluff ou réel projet ?
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Le secteur des start-up poursuit sa mondialisation. De nouveaux écosystèmes sont est en train de naître. C’est le cas par exemple de Berlin (http://t.co/W0nvNUie7r), de Londres avec son projet Tech city (http://techcity.io/), de l’Estonie (http://t.co/RNKo98re), d’Israël (revendiquant 3.000 start-up) ou encore de Paris avec le projet « Paris Capital numérique ». Point sur la sphère digitale française.
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Le projet
Initié par Fleur Pellerin (ministre déléguée à l’économie numérique), le rachat de la Halle Freyssinet, est la piste la plus sérieuse pour devenir un espace de 25.000 mètres carrés dédié aux start-up. L’ambition n’est pas moindre, Paris doit devenir un lieu rivalisant avec ses concurrents européens et californien.
Les forces
La ville ne part pas de zéro. L’environnement dédié aux start-up est déjà bien avancé. Il existe de nombreux business angels, fonds de capital-risque et un réseau d’incubateurs dont Paris Région innovation (gérant douze incubateurs) ou encore Silicon Sentier.
Les start-up parisiennes peuvent également bénéficier de main d’œuvre qualifiée dans lesquelles les grandes écoles parisiennes jouent un rôle majeur. 97% des entrepreneurs ayant créé leurs sociétés à Paris sont diplômés au moins d’un master contre 42% dans le Silicon Valley (Etude Startup genome).
Les start-up françaises ont également la capacité d’attirer les capitaux étrangers. C’est le cas de Fotolia (site Web d'échange de photographies numériques) et Deezer (site web de musique en ligne) qui ont levée respectivement 120 et 100 millions d’euros auprès de fonds d’investissements américains (KKR et Acess industries).
Les faiblesses
L’instabilité fiscale française est un frein majeur à la construction d’un environnement viable. Les investissements des business angels (http://t.co/lXtsAEPx), premier maillon de la chaîne dans le financement et le développement d’une start-up, sont en baisse (réduction de 9,6% par rapport à 2012, selon France angels). Les fonds de capital risques français lèvent également moins d’argent et se positionnent dans une phase plus avancée dans le développement. Ainsi, les start-up françaises se heurtent de plus en plus à des difficultés de financement. De plus, les fonds français n’auront jamais la même puissance de feu que les fonds d’investissements américains qui permettent de financer plus facilement les deuxièmes ou troisièmes levées de fonds.
Outre les aspects financiers et fiscaux, le coût de la vie à Paris est très élevé, ce qui incite les entrepreneurs à partir dans des villes où les loyers sont moins élevés.
En conclusion
Il est impératif de créer en France un vrai statut d’entrepreneur. Dans le cas contraire, nous nous exposerons au risque de voir la plupart de nos start-up continuer se développer dans des pays à fiscalité plus avantageuse (Londres, Genève, Zurich, Luxembourg et bien d’autres). D’une manière générale, on pourrait dire que l’idée de créer un grand centre dédié aux start-up est bonne. Mais des espaces semblables existent déjà et il faudrait aller plus loin dans la démarche. On pourrait donc craindre qu’il ne s’agisse davantage d’un coup médiatique que d’une réponse adéquate à un réel besoin. Mais chaque pierre posé sur l’édifice de l’entreprenariat est bonne à prendre !
L.M. & B.R.