05/04/2026
Je vois circuler, depuis quelques jours, un extrait d’un entretien accordé par un chef d’État de notre sous-région. Ses propos, d’une grande lucidité, ont particulièrement retenu mon attention. Il y dénonce une pratique récurrente : celle qui consiste à exiger des jeunes, notamment des entrepreneurs, une expérience préalable avant de leur accorder une opportunité.
Il pose alors une question essentielle : comment acquérir de l’expérience si personne ne consent à offrir une première chance ? Il rappelle, avec justesse, qu’il n’existe aucune école de l’expérience, et qu’il appartient aux responsables de créer des cadres rigoureux permettant aux jeunes de faire leurs preuves.
Ces paroles résonnent profondément en moi, car elles font écho à mon propre parcours.
À travers ces lignes, je souhaite rendre un hommage sincère, solennel et reconnaissant à trois personnalités dont l’intervention a marqué un tournant décisif dans ma vie entrepreneuriale :
- M. DHOSSOU François Vincent, Sociologue, Consultant international.
- M. TAWES N’BOUKE Borgia, Administrateur du développement communautaire, honorable député .
- M. Vincent Codjo ACAKPO, membre de la Cour constitutionnelle du Bénin.
En 2011, animé par une volonté d’élargir mes activités et de diversifier mes sources de revenus, j’ai entrepris de lancer un nouveau projet pour l’administration publique, en particulier les collectivités locales. Jusqu’alors, ma clientèle se composait essentiellement de particuliers et d’entrepreneurs, notamment pour des prestations liées aux voyages. Si cette base m’avait permis de me lancer, elle demeurait toutefois insuffisante au regard de mes ambitions de développement.
C’est dans cette dynamique que j’ai conçu un projet structuré, articulé autour de la consultation, de l’assistance aux voyages officiels, ainsi que de la promotion des communes à l’international, avec pour objectif de valoriser leur potentiel et de renforcer leur attractivité au-delà des frontières.
Mais entre la vision et la réalité, l’écart fut considérable.
En moins de trois mois, j’ai rencontré près d’une vingtaine de maires. Et presque invariablement, la même réponse m’était opposée : l’exigence d’une expérience préalable.
Pendant ce temps, les contraintes s’accumulaient : déplacements répétés, ressources limitées, nuits passées dans des hôtels dans l’attente d’un rendez-vous, et surtout la nécessité de faire preuve d’ingéniosité pour créer des opportunités de contact. Je m’efforçais alors d’identifier les espaces fréquentés par les cadres administratifs, notamment lors des pauses déjeuner, afin d’y établir des premiers échanges dans un cadre informel, et ainsi créer les conditions propices à la présentation de mon projet.
Malgré ma détermination, je m’approchais inexorablement de l’abandon.
C’est alors qu’intervint une rencontre déterminante.
Je fis la connaissance de DHOSSOU François Vincent, qui occupait à l’époque les fonctions de Secrétaire général de la mairie de Dogbo. Après m’avoir accordé une écoute attentive, il reconnut la pertinence de mon projet et m’encouragea avec bienveillance. Bien qu’il ne puisse directement m’accorder l’opportunité recherchée, il prit l’initiative de m’orienter et de faciliter des mises en relation déterminantes.
Dans la continuité, je fus introduit auprès de TAWES N’BOUKE Borgia, alors Directeur de cabinet de la mairie de Dogbo. Son accueil fut décisif. Après examen de mon projet, il me fit comprendre, avec une clarté remarquable, que mon statut de jeune entrepreneur ne constituait pas une faiblesse, mais bien une raison de me faire confiance. Il m’encouragea à structurer mon dossier et à me préparer à franchir une étape déterminante.
Ce moment demeure, encore aujourd’hui, l’un des plus marquants de mon parcours. Pour la première fois, quelqu’un voyait en moi non pas un manque d’expérience, mais un potentiel.
Enfin, je rencontrai Vincent Codjo ACAKPO, qui était alors Maire de la commune de Dogbo. Sa vision et sa posture allaient profondément influencer la suite de mon cheminement. De cet échange, je retiens une approche rare : celle qui consiste non pas à exiger la perfection, mais à accompagner sa construction.
Dans un geste d’une grande générosité, il prit l’initiative, en moins de trente minutes, de contacter personnellement plusieurs maires afin de me recommander et de faciliter mon intégration.
Ce geste, à lui seul, a profondément transformé la trajectoire de mon projet.
Je ne saurais, en quelques mots, exprimer l’ampleur de l’impact que ces trois hommes ont eu sur ma vie. Leur accompagnement a dépassé le cadre strictement professionnel pour devenir une relation durable, fondée sur la confiance, la fraternité et le respect.
Aujourd’hui, avec le recul, une conviction s’impose à moi : l’expérience ne précède pas toujours l’opportunité ; elle en est bien souvent le fruit.
À travers cet hommage, je tiens à leur adresser ma profonde gratitude.
Merci de m’avoir accordé votre confiance à un moment où rien ne la garantissait.
Merci d’avoir vu en moi ce que d’autres n’avaient pas encore perçu.
Merci, enfin, d’avoir contribué à écrire une page déterminante de mon parcours entrepreneurial.
Votre confiance n’a pas été vaine.
Et elle ne le sera jamais.
Avec respect et reconnaissance,
Platini ATI