01/12/2023
LES SUPPORTERS DOIVENT SE MOBILISER LA MEL ET ELISA SE MOQUENT DE NOUS ET DE NOTRE CLUB VITE DES BANDEROLES DES DIMANCHE
Olivier Letang s'est confié à la voix du nord
On retiendra
Depuis son entrée dans le stade Pierre-Mauroy, en 2012, le LOSC a versé 61 millions d’euros de loyer. Quand il compare la situation avec les autres clubs de Ligue 1, voit l’état de sa pelouse et des loges, et regarde les perspectives, il sature. Calmement mais fermement, Olivier Létang a accepté de s’exprimer sur ces sujets délicats pour défendre la position de son club.
Le 12 novembre, après Lille - Toulouse, vous dénonciez une nouvelle fois la médiocre qualité de la pelouse du stade Pierre-Mauroy. Où en est-on ?
« Depuis ma réponse à cette question, il n’y a que deux choses qui ont été faites : les propos du président de la MEL et la prise sur nos comptes bancaires de sommes correspondantes aux deux loyers. Tout le monde a vu que la pelouse était catastrophique. C’est tout sauf une surprise quand on accueille cinq rencontres du Mondial de rugby. Son état n’est pas en adéquation avec le fait de jouer au haut niveau. Ma déclaration ne se fait pas dans un contexte de résultats. C’est un sujet structurel. Ma prise de parole aujourd’hui n'est pas épidermique, je ne fais pas de politique ni de démagogie. C’est un long processus. »
Ce sujet de la pelouse est récurrent...
« C’est celui du stade qui l’est. Quand je prends la présidence, toutes mes équipes me disent clairement : "C’est impossible de travailler. On nous dit non à tout, on ne peut accéder à rien." À l’époque, je demande qu’on reste calme. Depuis trois ans, on est comme un roseau, on plie. On nous a fait des promesses qui ne sont pas tenues, et je veux maintenant qu’on sache à quel point le LOSC est maltraité, à commencer par notre communauté. »
« Au final, nous sommes club résident sans être club résident »
Quels sont aujourd’hui, outre la pelouse, les principaux problèmes ?
« On a le stade qui coûte le plus cher de France (sept millions d’euros, soit six de loyer et un de maintenance). L’an dernier, en Ligue 1, si on enlève le LOSC et les trois qui sont propriétaires (Lyon, Auxerre et Ajaccio), seize clubs payaient des loyers dont le coût moyen était d’un million d’euros. Il faut rajouter à ça que des clubs ont l’exploitation de leur stade. Quand j’étais à Rennes, le loyer annuel du stade était de 800 000 euros par an et on avait la possibilité d'organiser 250 événements par an. Ça rapportait environ 2 millions de revenus. Aujourd’hui, notre pelouse est un problème, nos loges pour les partenaires deviennent obsolètes. C'est un désavantage concurrentiel. On a en plus un fonctionnement particulier. Un exemple ? Nous avons eu une semaine à trois matchs à domicile. Rien d’autre n'était prévu au stade. On a dû quand même tout enlever après les matchs et tout remettre pour le suivant. Un autre exemple ? Quand il y a des dégâts dans le stade, et c’est normal, la société Elisa nous refacture tout. Mais ils prennent 15 % de marge pour frais de gestion. On trouve des sociétés qui peuvent réparer pour un coût moindre. Et Elisa ne veut rien entendre. Au final, nous sommes club résident sans être club résident. »
Quelle est la nature de vos échanges aujourd’hui avec la MEL ?
« Depuis trois ans, on a tout fait pour avoir un dialogue. Les premiers désaccords remontent à février 2023. Je ne voulais pas signer l’avenant concernant le naming du stade. Je n’ai rien contre la belle société en question (Decathlon) mais mon refus est motivé par le fait qu’on écrit depuis des mois des courriers, sans jamais recevoir de réponse. Quand je vois en février le président de la MEL, je lui redis nos motivations. Et on m’a fait des promesses, qui sont formalisées dans un mail. On me dit qu'on va faire des choses mais qu’il faut d'abord que je signe cet avenant. Je fais confiance, mais neuf mois plus t**d, il ne s'est rien passé. »
Quelles sont les promesses faites ce jour-là ?
« Globalement que le LOSC arrête d’avoir un coût disproportionné par rapport à ses concurrents. Avec des solutions légales, évidemment. Des engagements sont pris ce jour-là sur le fait que l’outil ait un impact moins important d’un point de vue économique pour le LOSC. »
« Il ne faut plus de non-dits »
Est-ce que vous confirmez ne pas avoir payé les deux derniers loyers comme vous le reprochait Damien Castelain ?
« Oui. Damien Castelain et le trésorier payeur qui étaient présents dans ce bureau étaient parfaitement au courant. Nous signalons des choses depuis trois ans sans faire de bruit et on a décidé de contester ces paiements. Quand nous sommes arrivés, le club avait une dette par rapport au stade, mais aussi 35 millions d’euros impayés à l'URSSAF. Nous sommes des gens responsables et nous avons remis le club à niveau financièrement. Tout ce que je vous dis là, le président de la MEL est au courant .»
La collectivité qui bloque de l’argent sur vos comptes, ce n'est pas un signe d'apaisement...
« On pourra renouer le dialogue si les engagements sont respectés. Il ne faut plus de non-dits. Je veux que tout le monde sache ce qu’il se passe actuellement et la position de la collectivité sur le club de son territoire. On n'est pas allés sur le juridique, on n’a pas été procéduriers mais maintenant, on passe à quelque chose d’autre pour trouver des solutions. »
L'ensemble de l'itw sera a lire demain dans la voix du nord