25/02/2022
Les dessous du conflit ukrainien
Grâce à ses investissements massifs dans l’agriculture, la Russie détient aujourd’hui un pouvoir géostratégique redoutable face aux pays qui dépendent de ses exportations alimentaires. Cette stratégie d’indépendance de longue durée découle des sanctions européennes conséquentes à l’annexion de la Crimée en février et mars 2014 et son rattachement ultérieur à la Russie, ce qui depuis a renforcé la décision du Président russe Vladimir Poutine d’investir 52 milliards de dollars dans l’agriculture afin de ne plus dépendre de l’extérieur en alimentation, ni de craindre des pénuries en cas de sanctions occidentales. Depuis, importatrice de blé, la Russie est devenue le premier pays exportateur. De même, alors qu’avant 2014 elle n’avait quasiment pas d’élevages, aujourd’hui la Russie est autosuffisante en volailles et quasiment en viande de porc, grâce à des investissements massifs dans l’élevage industriel. Et le réchauffement climatique l’a aidée, en rendant cultivables des terres auparavant inexploitables car souvent gelées.
Il s'agit d'une bonne leçon de gestion pour un pays soumis à nombre de mesures de rétention discriminatoires par les pays occidentaux coalisés (USA et UE), et qui, par cette mise au banc, a su développer son indépendance et sa résilience. Elle a permis à l’économie russe de croître en 2021 de 4,7%, contribuant à financer le déficit budgétaire comme en 2020 quasi-exclusivement par des émissions de dette publique*. Qui plus est, la Russie s'est dotée pour renforcer son indépendance d'un système de messagerie financière, le SPFS, alternative au système de gestion automatisé et sécurisé des transactions internationales SWIFT (paiements entre clients et transactions concernant des actions ou des obligations). Sans oublier que la Russie assure la fourniture de 40 % du gaz européen, sans véritable alternative de remplacement pour l'UE à court-moyen terme (le groupe Total est la seule compagnie non russe à disposer d’une concession d’exploitation du gaz russe).
Nous pouvons d'autant mieux comprendre l'intérêt de Poutine pour l’Ukraine à travers le conflit armé démarré fin février 2022, ce pays frontalier dirigé par une oligarchie mafieuse*² constituant la 1ère réserve européenne de minerai d’uranium, la 2ème réserve européenne de minerais de titane et 10ème mondiale, la 2ème réserve mondiale de minerai de fer, la 2ème réserve mondiale de minerai de manganèse, la 2ème réserve européenne de minerais de mercure, la 3ème réserve européenne de gaz de schiste, la 7eme réserve mondiale de charbon et la plus grande superficie de terres arables d’Europe, le 2ème producteur mondial d’orge et le 1er exportateur mondial de Tournesol et d’huile de tournesol. Et, cerise sur le gâteau, le stratège russe s'est rapproché de la Chine, le nouveau géant mondial, qui a le même objectif, agenouiller l’occident en envahissant Taiwan, le Cuba de Mer de Chine !
Si le choix du Président français d'alors, Nicolas Sarkozy, avait consisté à jouer cyniquement la carte de l’OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord créée en 1949 pour résister à l'expansion de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques, celle-ci ayant disparu depuis la chute du mur de Berlin en novembre 1989 soit il y a plus de trente ans) sous l'égide états-unienne (son budget militaire est 15 fois supérieur à celui de la France), au lieu de se rapprocher de la Russie, choix également fait par Emmanuel Macron, l'actuel Président aux commandes à l'occasion du conflit ukrainien, il permet à Vladimir Poutine, dictateur certes compte-tenu des nécessités mais "éclairé", et à son ministre des Affaires étrangères Sergueï Viktorovitch Lavrov, de se positionner par ce prétexte conflictuel à la sécurité de leur pays (l'Ukraine comme indispensable zone tampon et non respect par cette dernière de l'accord de Minsk de février 2015 qui prévoyait notamment le retrait des armements lourds et des réformes constitutionnelles) comme garants des grands fondamentaux de la civilisation face aux néo n***s occidentaux et aux mondialistes dégénérés du Forum Économique Mondial... non sans avoir donné au passage une cinglante et humiliante leçon au roitelet franchouillard lors de sa dernière visite à Moscou comme prétendu émissaire de la paix (pas de tapis rouge, pas de Marseillaise, pas de Poutine à la descente de son avion, pas de chaleureuse accolade, une impressionnante séparation de par la longueur de la table de rencontre choisie… ainsi qu'une interprète traductrice transgenre !).
En conclusion, Poutine détient l’arme énergétique fossile et alimentaire, l’appui de la Chine, la plus grande avancée technologique militaire, et Macron de son côté les danseuses et autres éphèbes de l’Élysée...
* Le gouvernement actuel présidé par le Président ukrainien Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky, ancien humoriste, producteur, acteur, scénariste et réalisateur, a succédé grâce à l'appui des brigades antifas de George Soros constitutives de manifestations massives à la destitution du précédent Président Petro Oleksiovytch Porochenko, qui avait bénéficié de l'aide conséquente de la Russie pour redresser le pays en 2014.
*² Son niveau était de 12,3% en 2019, ayant atteint 19,1% en 2020, et devrait se stabiliser aux alentours de 20% à partir de 2021, sans augmentation significative de la dette externe, qui passerait de 3,1% à 4,1% du PIB entre 2019 et 2023.