30/07/2026
📢 Le coup de gu**le d'une gérante de service à la personne.
Aujourd'hui, je ressens le besoin de partager une situation que je viens de vivre.
Pas pour pointer quelqu'un du doigt.
Pas pour créer une polémique.
Mais parce que beaucoup de personnes ne se rendent pas compte des conséquences que peut avoir un simple silence.
Le 8 juillet, je publie une annonce pour un poste d'assistante de vie.
Une mission importante : accompagner un homme de 95 ans qui vit seul à son domicile.
Ses enfants vivent loin. Ils ne peuvent pas être présents chaque jour. Ils comptent donc sur nous.
Notre mission est simple sur le papier : préparer les repas du midi et du soir du lundi au vendredi, manger avec lui pour le stimuler, faire les courses une fois par semaine, échanger avec lui, lui apporter une présence humaine.
Mais derrière cette description, il y a une réalité.
Il y a un homme de 95 ans qui attend quelqu'un pour l'aider à manger.
Quelqu'un qui sera là quand il ouvrira sa porte.
Quelqu'un qui rompra un peu sa solitude.
Le jour même de la publication, une candidate me contacte.
Nous échangeons longuement.
Je lui présente le poste dans les moindres détails.
Les horaires.
Les missions.
Le contrat.
La rémunération.
Son expérience correspond.
Elle me dit qu'elle est disponible à partir du 1er août.
Parfait.
Ma salariée actuelle termine justement le 31 juillet.
Je lui explique que je recherche une personne fiable, investie sur la durée, car la stabilité est essentielle pour les bénéficiaires.
Sa réponse me touche.
Elle me dit qu'elle comprend parfaitement et que la stabilité des bénéficiaires est importante.
Je lui propose même un doublon avec la salariée actuellement en poste afin qu'elle puisse découvrir tranquillement le bénéficiaire, prendre ses marques et être accompagnée.
Elle accepte avec enthousiasme.
Quelques jours plus t**d, la famille souhaite simplement échanger avec elle par téléphone avant son arrivée.
Avec son accord, je leur transmets ses coordonnées.
Et c'est là que tout bascule.
Plus de nouvelles.
Je relance une première fois.
Puis une deuxième.
Je vois les messages distribués.
Je la vois connectée plusieurs fois par jour.
Aucune réponse.
J'appelle.
J'envoie un SMS.
Finalement, plusieurs jours plus t**d, je reçois un message :
"J'ai eu une semaine très chargée, je m'en occupe aujourd'hui."
Je suis soulagée.
Je pense que la situation va enfin se débloquer.
Je lui réponds simplement :
"J'ai juste besoin de savoir si vous prenez toujours le poste ou non. J'ai des contrats à préparer, des déclarations administratives à effectuer et surtout une famille qui attend une réponse."
Je n'aurai jamais de réponse à cette question.
Les jours passent.
Silence.
Aujourd'hui encore, la famille a essayé de la joindre.
Elle leur indique qu'elle travaille et leur demande de rappeler vers 14 heures, puisqu'elle sera disponible l'après-midi.
Il est désormais bien plus t**d.
Toujours rien.
Et demain...
Demain, ma salariée quitte son poste.
Demain, cet homme de 95 ans risque de se retrouver sans solution.
Sans personne pour préparer son repas.
Sans personne pour l'accompagner pendant qu'il mange.
Sans personne pour faire ses courses.
Alors oui...
Changer d'avis est un droit.
Trouver un meilleur emploi est un droit.
Refuser un poste est un droit.
Personne ne sera jamais jugé pour cela.
Mais disparaître sans prévenir...
Ce n'est pas professionnel.
Parce que derrière un recrutement dans le service à la personne, il n'y a pas juste un employeur.
Il y a des personnes âgées qui attendent une aide pour manger.
D'autres qui ont besoin qu'on les aide à se lever.
À s'habiller.
À se coucher.
À prendre leurs médicaments.
À préparer leurs repas.
À faire leurs courses.
À vivre tout simplement dans des conditions dignes.
Il y a aussi des familles qui nous confient ce qu'elles ont de plus précieux.
Des enfants qui vivent parfois à plusieurs centaines de kilomètres et qui nous appellent avec une seule question :
"Est-ce que quelqu'un sera bien là pour papa ? Pour maman ?"
Et il y a des entreprises comme la mienne, qui passent des heures à recruter, coordonner, rassurer les familles, préparer les contrats, organiser les plannings... pour voir tout ce travail s'effondrer parce qu'une personne n'a pas pris trente secondes pour envoyer un simple message.
👉 "Finalement, je ne prendrai pas le poste."
C'était tout.
Trente secondes.
Pas plus.
Ce message n'est pas écrit par colère.
Il est écrit avec beaucoup de tristesse.
Parce que notre métier est avant tout un métier humain.
Et que le respect, la communication et la parole donnée font partie intégrante de ce métier.
J'espère sincèrement que ce témoignage fera réfléchir.
Parce que derrière chaque recrutement dans le service à la personne, il n'y a jamais qu'un simple poste à pourvoir.
Il y a des vies qui dépendent de notre capacité à être présents.
❤️