Il vise à fournir aux acteurs locaux des outils pour gérer les forêts dans un contexte de changement climatique et à sensibiliser à ce sujet. Les événements climatiques similaires, survenus sur une fréquence de 5 ans en moyenne, ont confirmé la tendance et justifié les craintes et les réactions de la profession, qui a été très réactive. La Charte Forestière, rédigée dans le Parc naturel régional d
u Haut-Languedoc, avait donné le ton en recommandant de planter les espèces résistantes. Le choix de FORECCAST, un outil informatique très performant de géolocalisation, a permis d’optimiser les choix d’espèces et de parcelles. Ce logiciel, créé grâce aux financements européens et locaux, prend en compte tous les paramètres : les sols, la présence sur le versant, l’effet des ombres portées du versant opposé, et les diverses modélisations climatiques, avant d’offrir aux forestiers - qui gardent la maîtrise des décisions - la prescription des risques et les options possibles. La châtaigneraie a souffert du réchauffement et sa part s’est réduite, de même pour le hêtre, tandis que les essences méditerranéennes traditionnelles progressent vers les milieux atlantiques : le chêne vert remonte depuis la vallée d'Olargues jusque vers le Sidobre. Par précaution, les sylviculteurs ne plantent plus de Douglas au-dessous de 500 m, mais des études sur les sous-espèces californiennes vivant en climat chaud sont à l’étude. Des tests sont également en cours sur le cèdre. Les 30 000 propriétaires forestiers tarnais, parmi lesquels une majorité sur des « parcelles confetti », ont pris la mesure de la situation et se sont fédérés pour conduire une gestion adaptée. Car les enjeux sont importants, avec la pression sur la ressource, liée à la montée du chauffage et de la construction en bois, les 2 000 emplois induits par la forêt, les revenus touristiques (l’image du « pays fraîcheur ») et les risques d’incendie. La forêt fait plus que jamais l’objet d’une réflexion et d’une observation collectives.