13/12/2025
Dans l'effervescence des points de contrôle, aux entrées du marché de Noël
À Strasbourg.eu, beaucoup de ponts mènent au marché de Noël. Et sur chacun d’entre eux se trouvent des points de contrôle, pris d’assaut aux heures de pointe, où les agents de sécurité et forces de l’ordre répondent à de multiples et quelquefois surprenantes sollicitations.
« Je… cherche… l’ambassade d’Italie », baragouine un homme bien déboussolé en venant tout droit de la gare. « Il n’y en a pas ici monsieur. Regardez sur Google et vous trouverez », rétorque Mohamed, agent de sécurité, tout en agitant ses bras pour gérer les flux de passants.
Piéton, vélo, bagages, chacun sa voie et l’affluence ne désemplit pas. Certains quittent le centre après une journée de travail et beaucoup, surtout des touristes, font le chemin inverse pour se plonger dans le chaudron du marché de Noël. Fatima veille au grain. Valises et gros sacs passent par elle. Lampe de poche en main, elle jette un œil. « Mais sans toucher les affaires. » Charge à chacun de dévoiler son contenu. Et globalement, les gens jouent le jeu. Même s’il faut surmonter la barrière de la langue : « Il y a beaucoup de touristes espagnols, chinois, mais ça va, ils sont sympas. Il y a juste les Anglais, je ne sais pas pourquoi, c’est plus compliqué… » Heureusement Fatima n’est pas du genre à se laisser démonter : « Quand on est dans un autre pays, on respecte la loi, c’est comme ça. Et si on n’est pas d’accord avec les contrôles on fait demi-tour. » À méditer…
« Ce n’est pas déconnant de contrôler un minimum »
D’autant que la fouille n’a rien d’abusive : « Franchement c’est soft », lâche Valentine, étudiante parisienne de passage dans la capitale alsacienne. « J’ai vu sur TikTok qu’on avait trouvé des armes dans un buisson près du marché de Noël de Strasbourg , du coup ce n’est pas déconnant de contrôler un minimum », embraye son copain Gustave. Reste que ce filtrage, même léger, à force, épuise un peu des agents de sécurité contraints parfois de jouer les guides touristiques. « Le soir, après le boulot, je suis crevé. Je rentre, je prends une do**he et j’ai même plus la force de parler à ma femme », reprend Mohamed qui travaille pour l’une des agences de sécurité privée mobilisée pendant le Christkindelsmärik.
Agents privés, militaires, policiers...
Chaque jour, près de 1000 personnes surveillent le marché de Noël. Outre les agents privés, il y a les militaires de l’opération Sentinelle, la police municipale, les CRS qui patrouillent entre les chalets ainsi que des gendarmes mobiles postés en renfort sur les points de contrôle : « On intervient s’il y a besoin de fouiller un peu plus un sac où s’il y a quelqu’un de suspect », lâche l’un d’entre eux sur le pont Saint-Nicolas où livreurs et vélos-cargos défilent en début de soirée. Un va-et-vient qui redouble d’intensité à l’approche du pont Corbeau où les gendarmes filtrent les voitures autorisées sur la Grande île. Côté piétons, on fait la queue. Avec empressement mais sans s’énerver. Certains en profitent même pour faire un selfie avec la cathédrale en arrière-plan.
Jérémie, assis à deux pas de là, fait appel à la générosité des nombreux passants. Sans grand succès malheureusement : « On m’avait vendu le marché en me disant que tu repars avec des enveloppes. Tu parles… Il y a du monde, c’est vrai, mais les gens ont moins d’argent. Du coup, je me rabats sur les gobelets de vin chaud qu’on me donne ou qui traînent et je récupère les consignes… c’est un truc qui marche pas mal. » Une juteuse transaction. Sous contrôle bien entendu.
Source : DNA Strasbourg
David Geiss
Publié le 13 déc. 2025 à 06:30 – Mis à jour le 13 déc. 2025 à 14:54