26/09/2026
Entre théorie, et réalité, il y a le terrain
Réponse à ceux qui n’ont pas compris:
Je pense que vous avez surtout mal compris mon propos.
Je n’ai absolument rien contre la théorie. Elle est indispensable pour comprendre. Mais elle ne remplace pas l’expérience.
Mon parcours a justement été l’inverse : je n’ai pas commencé par apprendre dans les livres ce qui était censé se passer sur le terrain pour ensuite l’expérimenter sur mes clients.
J’ai commencé directement sur le terrain, pendant des années, avec des pilotes de haut niveau. J’ai appris à écouter leurs sensations, à analyser leurs réactions, à modifier, essayer, mesurer et recommencer jusqu’à obtenir le résultat recherché.
Ce n’est qu’après plusieurs années à ce niveau que j’ai commencé à préparer des suspensions pour des clients.
La différence est essentielle : mes clients n’ont jamais été mes cobayes. Ils bénéficient de l’expérience que j’avais déjà acquise.
Après près de 30 ans, je continue pourtant à me remettre en question chaque jour. L’expérience ne signifie pas que l’on sait tout. Elle apprend surtout à comprendre que la réalité est souvent beaucoup plus complexe que la théorie.
Ce qui me surprend dans votre intervention, c’est justement cette façon de minimiser l’expérience au profit de la théorie. C’est assez étonnant venant de quelqu’un qui prétend transmettre son savoir à des jeunes.
Et pour être très concret, lorsque je vois parfois les résultats de suspensions préparées par des personnes qui sortent de ce type de formation, avec les motos et les pilotes que je retrouve ensuite sur le terrain, je dois être honnête : ça me fait vraiment mal de voir certains résultats.
Pas parce que je prétends être meilleur que tout le monde, mais parce que je vois les conséquences que cela peut avoir sur le comportement de la moto et sur les sensations du pilote.
C’est justement là que je fais la différence entre connaître la théorie et savoir l’appliquer réellement. Sur le papier, tout peut sembler cohérent. Mais lorsque le pilote prend la piste, la réalité peut être complètement différente.
Une suspension ne fonctionne pas dans un livre. Elle fonctionne sur une moto, avec un pilote dessus.
La théorie explique pourquoi une chose devrait fonctionner. L’expérience permet de comprendre ce qui se passe lorsqu’elle ne fonctionne pas comme prévu.
Et c’est précisément là que se construit le véritable métier.
Une école peut donner des bases. Elle ne peut pas transmettre instantanément des années passées avec des pilotes de haut niveau.
Ce n’est pas parce qu’on a obtenu son code de la route qu’on est pilote de Formule 1. La route est encore longue.
Le problème n’est donc pas que des jeunes se forment. Au contraire. Le problème est de leur faire croire qu’une formation théorique suffit pour être immédiatement préparateur.
Pour ma part, j’ai toujours davantage de respect pour quelqu’un qui a passé de longues années sur le terrain avant de proposer ses services. Peu importe son parcours, son diplôme ou son niveau de communication : ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il a réellement fait, ce qu’il a appris et les résultats qu’il est capable d’obtenir.
Mes clients, eux, ne financent pas mon apprentissage. Ils viennent profiter de celui que j’ai déjà effectué.
Quant à moi, je ne cherche pas à être « le meilleur ». Je cherche à être meilleur qu’hier, à remettre mon travail en question et à obtenir le meilleur résultat possible pour le pilote.
Vous semblez vouloir démontrer ce que la théorie permet d’expliquer.
Moi, depuis 30 ans, je cherche surtout à faire fonctionner une moto.
Et au final, ce sont toujours le pilote, la moto et le terrain qui donnent la réponse.
Parce qu’au bout du compte, une suspension ne se juge ni à la beauté d’un discours, ni au nombre de termes techniques employés. Elle se juge lorsque le pilote prend la piste.
La théorie peut expliquer ce qui devrait fonctionner. Le terrain, lui, révèle ce qui fonctionne réellement.