13/02/2021
Pourquoi les pompes à chaleur (PAC) ne sont pas mes amies...
(attention, grosse lecture)
Quels sont les arguments mis en avant par les vendeurs de PAC :
1. Le fameux COP. Coefficient « magique » un peu comme dans les vieilles réclames de lessives, 1kWh acheté = 3 kWh offerts... Traduction : vous allez diviser vos factures de chauffage par 4 !!!
2. Pas de fumée, donc pas de conduit ni de stockage de combustible
3. Remplace parfaitement et en mieux vos anciennes chaudières fioul, gaz, bûches
4. Les PAC ne rejettent pas de CO2 et autres gaz à effet de serre (GES), ni de particules fines.
5. Et j’allais oublier, tout ça pour pas cher !!! On entend toujours parler des offres pour des PAC à 1 €
Alors, de mon point de vue :
1. Le COP. Il me fait penser aux rejets de CO2 et aux consommations sur « catalogue » mis en avant par les constructeurs de voitures. Calculé en laboratoire, quand la température de l’air extérieur n’est pas trop froide et qu’on ne demande pas à la PAC de chauffer trop chaud !!! Oubliez le COP, regardez l’ETAS (efficacité énergétique saisonnière) ! Cette valeur représente la performance du système sur toute une saison de chauffe et pas seulement quand les conditions lui sont favorables. Pour les grandes marques, elles vont de 120% à 190%. Donc au mieux, si vous avez des planchers chauffants, vous pouvez avoir 1,9 kWh pour 1 kWh acheté.
2. Pas de fumée. C’est vrai, rien à dire, enfin presque. Puisque le chapitre des nuisances est ouvert, les PAC ont le mauvais goût d’être quand même moches (je préfère les troupeaux d’éoliennes aux troupeaux de compresseurs) et bruyantes (oui, les éoliennes font du bruit aussi...)
3. Aussi performantes que les chaudières à combustion. Oui... si bien adaptées et bien dimensionnées... après le point 1, vous avez déjà compris que ce ne sera pas pour 3 ou 4 fois moins cher. Par rapport à une chaudière fioul standard, le gain financier sur le « combustible » sera plutôt de 20%... et on ne parle que du chauffage là !!! En effet, si votre vieille chaudière faisait de l’eau chaude sans sourciller, et pour pas très cher, la PAC n’est vraiment pas à son avantage sur cet exercice.
4. Pas d’émission de CO2, de GES. Vrai et vrai... mais là aussi, il y a matière à commentaires. Il n’y a pas de particules fines, pas de CO2, ni de GES émis autour de chez vous. Mais en saison froide, ces polluants sont émis en plus grandes quantités par notre électricité du réseau car le nucléaire est appuyé par les centrales à flammes (charbon, gaz). Là, on déplace la pollution, non ? Par ailleurs, on est de plus en plus souvent « en tension » sur notre capacité électrique en hiver (voir les annonces de la RTE). Ajouter nombres de PAC, est-ce une si bonne idée pour éviter le blackout ? Pour clore le thème « pollution », sachez que les 2.5 kg de gaz réfrigérant (R410A) contenus dans une PAC correspondent à 5 t de CO2 en terme de réchauffement climatique ! Donc attention aux fuites, au recyclage, etc. Remarque valable aussi pour les clim’ des voitures (qui fuient d’ailleurs bien plus souvent que les PAC).
5. Et pour finir, pas chères les PAC ? Les offres à 1 €, à priori c’est fini ! Une fois les aides déduites (fonction de différents critères : revenus, composition du foyer, neuf ou ancien, etc.), vous paierez au minimum 1500 € pour en installer une et plus probablement plutôt autour de 5 000 € (jusqu’à 20 000€ si aucune aide). Il ne faudra pas oublier de compter le cout de l’entretien annuel (pas donné et essentiel pour garantir une durée de vie « normale »), un abonnement électrique (beaucoup) plus cher que celui que vous aviez avant (car la puissance souscrite doit être suffisante).
Donc d’un côté, vous gagnez 20 % (toujours sur la base de la chaudière fioul standard) sur la consommation de chauffage, de l’autre vous payez un entretien et un abonnement plus cher. Et vous avez dû « sortir » le prix de l’installation de cette belle machine à gaz (au sens propre du terme) qui va marcher pendant ... 7 ans ? 10 ans ? 15 ans ? 20 ans ? D’après les vendeurs de PAC, ils vous disent que vous êtes tranquilles pendant 15-20 ans (moyennant toujours ce cher contrat d’entretien annuel). D’après ce qu’on trouve sur le net et les retours que j’ai eu « en vrai », c’est très variable : il y en a pour qui c’est 5 ans, réparable mais pour très cher, d’autres 7 ans, complètement fichu, 10 ans, sans problèmes... la loterie ?
En gros, financièrement, pour quelqu’un qui se chauffe habituellement à l’électricité, il peut espérer diminuer d’un tiers ou de moitié sa facture, dans les autres cas, attention aux mauvaises surprises.
En conclusion... je vous laisse la faire (après ce dossier « à charge », je l’avoue). Si vous avez bien réfléchi et que vous souhaitez vraiment installer une PAC, faites-le, je donne des conseils, pas des leçons. Mais, s’il vous plait, renseignez-vous à fond sur l’entreprise qui vous fera l’installation et la maintenance. Comme tous les marchés hyper subventionnés en France, nombre de marchands de tapis se sont jetés sur cette aubaine. Encore une fois, le dimensionnement, l’adéquation du produit et la compétence technique de l’entreprise que vous aurez choisie est primordiale, encore plus qu’avec d’autres équipements de chauffage.
Pourquoi les pompes à chaleur (PAC) ne sont pas mes amies... (attention grosse lecture !)
Non, je ne les aime pas... mais je vais essayer de rester objectif. Quelles sont les arguments mis en avant par les vendeurs de PAC :
1. Le fameux COP. Coefficient « magique » un peu comme dans les vieilles réclames de lessives, 1kWh acheté = 2, 3 voire 4 kWh offerts...Traduction : vous allez réduire vos factures de chauffage de 60 à 80% !!!
2. Pas de combustion, donc pas de fumée et pas de stockage de combustible non plus
3. Remplace parfaitement et en mieux vos anciennes chaudières fioul, gaz, bûches...
4. Et si vous avez la fibre écolo (comme le gouvernement, pas comme les antinucléaires), les PAC ne rejettent pas de CO2 et autres gaz à effet de serre (GES), ni de particules fines.
5. Et j’ai failli oublier, tout ça pour pas cher !!! On entend toujours parler des offres pour des PAC à 1 €
Alors, passons à l’analyse détaillée de ces différents points (pas trop quand même, j’aimerais que vous lisiez tout)
1. Le COP. Il me fait penser aux rejets de CO2 et aux consommations sur « catalogue » mis en avant par les constructeurs de voitures. Calculé en laboratoire, quand la température de l’air extérieur n’est pas trop froide et qu’on ne demande pas à la PAC de chauffer trop chaud !!! En gros début d’automne, printemps suivant les années... Oubliez le COP, demandez l’ETAS (efficacité énergétique saisonnière). Cette valeur représente la performance du système sur toute une saison de chauffe et pas seulement quand les conditions lui sont favorables. Les ETAS pour les grandes marques vont de 120% -en moyenne sur des émetteurs haute (70°C) et moyenne température (55°C)- et 190 % -pour les très bons équipements avec des émetteurs basse température (35°C)-. Donc au mieux, si vous avez des émetteurs basse température (de type plancher chauffant) vous pouvez avoir 1,9 kWh pour 1 kWh acheté.
2. C’est vrai, rien à dire, enfin presque. Puisque le chapitre des nuisances est ouvert, les PAC ont le mauvais goût d’être quand même moches (je préfère les troupeaux d’éoliennes aux troupeaux de compresseurs) et bruyantes (oui, les éoliennes font du bruit aussi...)
3. Oui... elles peuvent remplacer si bien adaptées et bien dimensionnées par rapport à l’installation existante...mais... après le point 1, vous avez déjà compris que ce ne sera pas pour 3 ou 4 fois moins cher. Le fioul est à 8 c€ du kWh, et l’électricité (hors abonnement) à 15 c€. Si on dit qu’une chaudière fioul standard a un rendement de 85% et que notre PAC est utilisée au meilleur d’elle-même à 190% « de rendement », le prix du kWh « utile » est de 9,4 c€ pour le fioul et de 7,9 c€ pour la PAC. Avantage pour la PAC donc, mais seulement d’environ 20% ...Temps mort !!! ....Mais on ne parle que du chauffage là !!! En effet, si votre vieille chaudière faisait de l’eau chaude sans sourciller, et pour pas très cher, la PAC n’est pas à son avantage sur cet exercice. Simple à comprendre, pour faire de l’eau chaude, il faut atteindre une température élevée (souvent supérieure à 50°C) y compris quand il fait très froid dehors. Pour cette fonction, le rendement de la PAC est plus proche de celui d’un cumulus électrique de base...
4. Vrai, vrai et vrai... mais là aussi, il y a matière à commentaires. Il n’y a pas de particules fines, pas de CO2, ni de GES émis autour de chez vous. Mais en saison froide, ces polluants sont émis en plus grandes quantités par notre électricité du réseau car le nucléaire est appuyé par les centrales à flammes (charbon, gaz). On déplace la pollution, non ? Par ailleurs, on est de plus en plus souvent « en tension » sur notre capacité électrique en hiver (voir les annonces de la RTE). Ajouter nombres de PAC, est-ce une si bonne idée pour éviter le blackout ? Pour clore le thème « pollution », sachez que les 2.5 kg de gaz réfrigérant (R410A) contenus dans une PAC correspondent à 5 t de CO2 en terme de réchauffement climatique ! Donc attention aux fuites, au recyclage, etc. Remarque valable aussi pour les clim’ des voitures (qui fuient d’ailleurs bien plus souvent que les PAC).
5. Et pour finir, pas chères les PAC ? Les offres à 1 €, à priori c’est fini ! Le montant initial est généralement au-dessus de 10 000 € et peut grimper facilement autour des 20 000 €. Une fois les aides déduites (fonction de différents critères : revenus, composition du foyer, neuf ou ancien, etc.), vous paierez au minimum 1500 € pour en installer une et plus probablement plutôt autour de 5 000 €. Il ne faudra oublier de compter le coût de l’entretien annuel (pas donné et essentiel pour garantir une durée de vie « normale »), un abonnement électrique (beaucoup) plus cher que celui que vous aviez avant (car la puissance souscrite doit être suffisante). Donc d’un côté, vous gagnez 20 % (toujours sur la base de la chaudière fioul standard) sur la consommation de chauffage, de l’autre vous payez un entretien et un abonnement plus cher. Et vous avez dû « sortir » le prix de l’installation de cette belle machine à gaz (au sens propre du terme) qui va marcher pendant ... 7 ans ? 10 ans ? 15 ans ? 20 ans ? D’après les vendeurs de PAC, ils vous disent que vous êtes tranquilles pendant 15-20 ans (moyennant toujours ce cher contrat d’entretien annuel). D’après ce qu’on trouve sur le net et les retours que j’ai eu « en vrai », c’est très variable : il y en a pour qui c’est 5 ans, réparable mais pour très cher, d’autres 7 ans, complètement fichu, 10 ans, sans problèmes... la loterie ?
En gros, financièrement, pour quelqu’un qui se chauffe habituellement à l’électricité, il peut espérer diminuer d’un tiers ou de moitié sa facture, dans les autres cas, attention aux mauvaises surprises.
En conclusion... je vous laisse la faire (après ce dossier « à charge », je l’avoue). Si vous avez bien réfléchi et que vous souhaitez vraiment installer une PAC, faites-le, je donne des conseils, pas des leçons. Mais, s’il vous plait, renseignez-vous à fond sur l’entreprise qui vous fera l’installation et la maintenance. Comme tous les marchés hyper subventionnés en France, nombre de marchands de tapis se sont jetés sur cette aubaine. Encore une fois, le dimensionnement, l’adéquation du produit et la compétence technique de l’entreprise que vous aurez choisie est primordiale, encore plus qu’avec d’autres équipements de chauffage.