08/07/2026
Les grappes Michelin sont nées ce matin à Dijon. Et déjà, le constat s’impose : rien de neuf sous le soleil de Bourgogne.
On nous vend de la “diversification”, de l’“art de vivre”, une “nouvelle aventure”. La réalité est plus simple : Michelin recycle sa martingale — étoiles, clés, et maintenant grappes sur les deux terroirs qui n’ont jamais eu besoin de sa bénédiction. Bordeaux et Bourgogne. Autant dire qu’on décerne un prix d’audace à la Tour Eiffel pour sa hauteur.
Regardez les critères : constance, transmission, “domaines familiaux qui témoignent d’une tradition de rigueur.” C’est un vocabulaire de notaire, pas de vigneron. Ça célèbre ceux qui ont déjà quarante millésimes derrière eux pas ceux qui prennent des risques aujourd’hui, sur quatre hectares, en biodynamie, sans nom de famille à faire briller.
Alors où est la jeune garde ? Nulle part dans ce palmarès et c’est logique, elle n’a pas eu le temps d’exister aux yeux d’un système qui note la longévité. Ce n’est pas une découverte, c’est un audit de notoriété. Michelin ne prend aucun risque : il adoube ce que tout le monde savait déjà, et l’habille en événement.
C’est moins une cérémonie qu’un miroir. Et le miroir ne ment jamais sur l’âge de celui qui s’y regarde.