28/02/2021
Madame ZIONG travaille dans une entreprise de la place.
Cela fait environ cinq ans qu'elle est légalement mariée à son bien aimé ZIONG.
Cette année est particulière pour ce magnifique couple.
Taxée de stérile par sa belle famille, madame ZIONG,vient d'apprendre en consultant son médecin,qu'elle sera maman d'un joli bébé.
Le couple se mit ainsi aux préparatifs de l'arrivée de leur bout de chou.
Entre ses responsabilités professionnelles et celles familiales à venir, madame ZIONG est visiblement inquiète de ne pouvoir être à la hauteur.
Elle craint de ne pouvoir concilier vie familiale et professionnelle.
Au cinquième mois de grossesse, madame ZIONG,eut droit aux congés de maternité que lui reconnaît l'article 172 du code du travail gabonais.
Soit 14 semaines de congés dont six semaines avant la date présumée de l'accouchement et huit semaines après.
Le temps de repos passa si vite,qu'à la date prévue pour l'accouchement, madame ZIONG,accoucha, elle accoucha bien d'un enfant mais Dieu ne permit pas que son bonheur aille jusqu'au bout,car le bébé était tristement,un mort né. On peut aisément comprendre la douleur qui habite le couple et surtout la femme de ZIONG.
L'accouchement s'étant bien passé,en dépit du décès du bébé, l'employeur de madame ZIONG, estima qu'elle devait reprendre du service compte tenu d'une part qu'elle n'aura plus à allaiter ni à s'occuper d'un bébé,et d'autre part, de l'importance de son poste dans l'entreprise.
Embarrassée, Madame ZIONG qui vient de perdre son bébé,a peur de perdre en plus son travail.
Elle se demande si elle doit interrompre ses huit semaines de congés et reprendre du service après avoir accouché d'un mort né.
*En clair,une femme après avoir accouché d'un mort né,perd t-elle son droit aux congés post-natales?*
La problématique ainsi posée n'est pas anodine.
Cette situation survient ou peut survenir autour de nous,dans nos familles,nos foyers,nos entreprises,nos sociétés ou nos organisations.
Devant elle,le droit du travail gabonais ne prévoit aucune réponse. C'est donc une situation sur laquelle le législateur est resté muet.
En effet,le droit aux congés de maternité est un droit acquis,la femme qui en bénéficie ne devrait accepter la violation par l'employeur de ce droit.
Qu'elle mette au monde un enfant viable ou au pire des cas un mort né,le droit au congé est inaliénable en ce cas précis.
Le fait que l'enfant ne soit pas né viable,ne donne pas à l'employeur le droit de demander à son employé le droit de reprendre du service.
En matière sociale, le législateur est plus enclin à protéger le salarié qu'il considère comme la partie faible.
Toutefois, cette tendance du législateur semble friser l'injustice.
Rappelons tout de même, que s'il y'a l'emploi gage de paix dans une société, c'est parcequ'il y'a un investisseur. L'Etat, principal employeur,ne pouvant employer tout le monde, recourt aux capitaux privés pour l'épauler dans ce rôle.
Celui qui met ainsi ses capitaux au service de l'État par la création d'emploi, mérite aussi bien d'être mis en capacité de mieux fructifier ses capitaux.
Le but du congé de maternité est de donner à la femme d'un point de vue préventif,le repos lui permettant de mieux préparer l'accouchement et d'un autre point de vue, la possibilité de prendre soin après l'accouchement du nouveau né et de recouvrer une meilleure santé.
Or, la femme qui accouche d'un mort né n'a plus d'enfants à sa charge.
Si l'accouchement s'est passé sans aucun souci de nature à empêcher la reprise du travail, pourquoi ladite femme ne reprendrait-elle pas son travail avant la date convenue à la demande de son employeur ?
Certains opposeraient sans doute l'argument de la peine psychologique puisque du point de vue physique elle va bien.
A ceux là, nous proposerons, si nous nous mettons du côté de l'employeur, une aide psychologique à la salariée, bien entendu à la charge de ce dernier (employeur).
Cette proposition prend compte des intérêts en présence.
L'employeur doit pouvoir faire fonctionner normalement son entreprise pour l'atteinte des objectifs,pour la croissance et surtout pour le bien être de l'économie nationale.
Le salarié doit pouvoir continuer à travailler,car le travail dans ce cas peut se révéler être une thérapie à sa perte,un temps d'évasion contre la pensée de la perte d'un être cher.
Après le décès,la vie doit pouvoir continuer son cours.
Dans notre cas d'espèce, madame ZIONG n'est pas tenue de reprendre son travail avant la date prévue pour la reprise.
La possibilité qu'elle reprenne en renonçant à son droit de congé ne viendra qu'à sa seule demande écrite formulée à l'attention de son employeur.
Mais si l'on veut avoir une économie dynamique, concurrentielle, il revient au législateur de prévoir la possibilité d'une reprise de travail par la salariée après l'accouchement d'un mort né, naturellement sous certaines conditions...