02/06/2026
Les États-Unis envisagent de réduire drastiquement les services de visas en Afrique
Selon un mémo interne consulté par l’Associated Press (AP), le département d’État américain envisagerait une réduction majeure de ses services consulaires en Afrique, avec la fermeture d’environ 30 ambassades et consulats pour le traitement des visas.
Cette mesure s’inscrirait dans la continuité de la politique migratoire restrictive mise en place par l’administration du président Donald Trump, visant à limiter l’accès au territoire américain, notamment pour les ressortissants de nombreux pays africains et asiatiques.
Une centralisation des services de visas
D’après les informations recueillies, les diplomates américains auraient été informés que le traitement des visas serait désormais concentré dans seulement 20 centres régionaux (“hubs”) à travers le continent.
Ces centres incluraient notamment :
Abidjan (Côte d’Ivoire)
Accra (Ghana)
Addis-Abeba (Éthiopie)
Cape Town et Johannesburg (Afrique du Sud)
Dakar (Sénégal)
Dar es Salaam (Tanzanie)
Djibouti (Djibouti)
Kampala (Ouganda)
Kigali (Rwanda)
Kinshasa (RDC)
Lagos (Nigeria)
Lomé (Togo)
Luanda (Angola)
Malabo (Guinée équatoriale)
Monrovia (Libéria)
Nairobi (Kenya)
Port-Louis (Maurice)
Praia (Cap-Vert)
Yaoundé (Cameroun)
Tous les autres postes diplomatiques américains en Afrique cesseraient de traiter les demandes de visas, obligeant les demandeurs à se déplacer vers l’un de ces hubs régionaux.
Des services réduits mais maintenus
Même dans les pays où le traitement des visas serait supprimé, les ambassades continueraient d’assurer :
l’assistance d’urgence aux citoyens américains,
certains services diplomatiques, notamment pour les visas officiels.
Un responsable du département d’État a toutefois indiqué que ces décisions s’inscrivent dans une évaluation continue des opérations à l’étranger, mettant en avant la nécessité de maintenir des standards élevés en matière de sécurité et de contrôle des demandes.
Une politique migratoire de plus en plus restrictive
Cette réorganisation intervient dans un contexte de durcissement global des politiques migratoires américaines.
Depuis décembre 2025, une proclamation présidentielle a étendu les restrictions d’entrée à 39 pays, dont une grande partie se situe en Afrique. Ces mesures incluent :
des suspensions totales ou partielles de visas,
des contrôles de sécurité renforcés,
des exigences accrues concernant les dépassements de séjour et les expulsions.
Par ailleurs, d’autres réformes ont contribué à restreindre davantage l’accès aux visas :
suspension du traitement de certains visas d’immigrants,
renforcement des critères liés à la “charge publique”,
durcissement des conditions pour les visas touristiques, étudiants et professionnels,
propositions de frais de visa plus élevés.
Un impact significatif pour les Africains
Les analystes estiment que l’Afrique est particulièrement touchée par ces mesures, avec un nombre croissant de pays confrontés à :
des interdictions de visa,
des restrictions partielles,
ou des procédures de sélection plus strictes.
La centralisation des services consulaires pourrait également entraîner :
des coûts supplémentaires pour les demandeurs (transport, hébergement),
des délais plus longs,
et un accès plus difficile aux opportunités d’études, de travail ou de tourisme aux États-Unis.