19/03/2026
Entre allégations et constats : des faits à clarifier
Jeudi 19 mars 2026
Par la redaction
Après plusieurs vérifications autour des allégations liées à un dossier d’émission illégale de chèques impliquant le triangle PNCS – OMRH – BRH, une question s’impose : *l’ampleur du scandale annoncé était-elle réellement à la hauteur des faits établis ?*
Les premiers éléments recueillis laissent apparaître un certain décalage entre les informations initialement relayées et la réalité observée sur le terrain. Faut-il y voir une précipitation dans la diffusion de certaines affirmations ? Ou simplement les limites d’un environnement où l’information circule vite, parfois plus vite que sa vérification ?
Dans un contexte où la recherche de transparence demeure essentielle, nous avons entrepris de remonter aux sources en sollicitant les instances compétentes, notamment le Parquet près le tribunal de Première instance de Port-au-Prince, la DCPJ à travers le BAFE, l’ULCC et l’UCREF. À ce stade, aucune de ces institutions n’a confirmé l’existence d’éléments probants susceptibles d’étayer les accusations initiales.
Ce constat invite à la prudence. Non pas pour disqualifier le rôle des médias ou des lanceurs d’alerte, indispensables au bon fonctionnement démocratique, mais pour rappeler que la rigueur et la vérification demeurent des piliers fondamentaux de toute information crédible.
Sur le terrain, les équipes chargées de collecter les données ont d’abord envisagé l’hypothèse d’un manque d’accès à l’information. Pourtant, au fil des échanges, une autre lecture s’est imposée : celle d’un dossier dont la consistance reste, jusqu’à présent, limitée. Une situation qui soulève une question essentielle : comment distinguer une alerte légitime d’une construction fragile ?
Les faits établis à ce jour indiquent qu’un changement administratif est intervenu à la tête du PNCS, notamment en lien avec le contexte institutionnel et politique, mais également sur fond de soupçons de mauvaise gestion administrative. En revanche, aucune charge formelle n’a été retenue contre les presumés auteurs ou encore contre les institutions concernées.
Dans ce climat, il devient essentiel de préserver un juste équilibre : rester vigilant face aux dérives potentielles, tout en évitant de fragiliser inutilement des institutions publiques dont la mission première est de servir l’intérêt général.
Car au-delà des polémiques, une réalité demeure : dans un monde saturé d’informations, la responsabilité est collective. Informer, oui mais avec discernement. Questionner, toujours mais sans conclure trop vite.