04/04/2026
Comment l’Europe a-t-elle pu tomber si bas ?
Il faut cesser de se raconter des histoires.
Depuis des mois, une partie de l’Europe — ses élites, ses éditorialistes, ses experts autoproclamés — se vautre dans une posture à la fois moralisatrice et impuissante.
On a moqué Donald Trump.
On a ricané devant ses messages de soutien au peuple iranien.
On a tourné sa prudence en ridicule.
“TACO”, disaient-ils, avec cette condescendance satisfaite qui tient lieu de pensée.
Comme si la géopolitique se résumait à des bons mots.
Comme si la guerre était un exercice de communication.
Les mêmes semblaient persuadés qu’un régime pouvait être ramené à la raison avec quelques postures diplomatiques et trois avions envoyés pour la forme.
Puis la réalité a fracassé ce théâtre d’illusions.
Les États-Unis ont pris le temps.
Ils ont préparé.
Ils ont déployé une armada.
Et quand l’opération a commencé, l’Europe a découvert, stupéfaite, l’ampleur de ce que les mollahs avaient accumulé en silence :
missiles, drones, réseaux, arsenaux.
Des années de préparation.
Des milliards détournés d’un peuple maintenu sous oppression.
Et là, au lieu de reconnaître l’évidence, le réflexe européen a été immédiat :
fuir.
« Ce n’est pas légal. »
« Ce n’est pas notre guerre. »
Toujours la même mécanique :
transformer l’impuissance en vertu,
l’inaction en principe.
Mais le plus grave n’est même pas là.
Le plus grave, c’est ce spectacle indécent offert par une partie des médias et des élites européennes.
Seize mille sorties aériennes.
Une opération d’une ampleur exceptionnelle.
Et que scrutent-ils ?
La chute d’un avion.
Un seul.
Et soudain, les visages s’éclairent.
Les plateaux s’agitent.
Le ton devient presque jubilatoire.
Oui, jubilatoire.
Comme si l’échec partiel de l’allié était une satisfaction.
Comme si certains attendaient ce moment.
Où est passée la solidarité ?
Où est passée la décence ?
À force de vouloir systématiquement dénoncer l’action américaine, beaucoup finissent par adopter — sans même s’en rendre compte — le langage, les réflexes, et parfois les intérêts de ceux qu’ils prétendent combattre.
Ce n’est plus de l’analyse.
C’est une dérive.
Et pendant ce temps, les États-Unis demandent du soutien.
L’OTAN est sollicitée.
Réponse européenne :
rien.
Silence.
Retrait.
Fuite.
Le même continent qui, au XXe siècle, a été sauvé par une intervention extérieure pour vaincre le nazisme, découvre aujourd’hui une nouvelle doctrine :
regarder, commenter, ne surtout pas agir.
Et lorsque les pays du Golfe — alliés économiques majeurs — demandent un cadre pour sécuriser le détroit d’Ormuz face aux menaces iraniennes, que fait l’Europe ?
Elle tergiverse.
Elle bloque.
Elle s’enlise.
Pire : elle envoie des signaux politiques qui la placent, de fait, aux côtés de régimes qu’elle prétend dénoncer ailleurs.
Il faut arrêter les euphémismes.
Ce n’est pas de la prudence.
Ce n’est pas de la complexité diplomatique.
C’est un effondrement.
Un effondrement stratégique.
Un effondrement moral.
Un effondrement intellectuel.
L’Europe n’est plus un acteur.
Elle est devenue un commentateur.
Un continent qui juge sans agir,
qui critique sans assumer,
qui moralise pour masquer son incapacité à peser.
Et dans le monde qui se dessine, cela ne pardonne pas.
Car l’histoire ne retient pas ceux qui commentent.
Elle retient ceux qui décident.