30/05/2026
MESSAGE DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
L’éloquence du silence, le drame de l’indifférence
Le rôle de Première dame en Afrique a grandement évolué, devenant un levier d'action sociale et un rempart pour les plus vulnérables. De Dakar à Antananarivo, les épouses de chefs d’État s’engagent contre les violences basées sur le genre (VBG), parrainent des bourses d'études et soutiennent l'autonomisation des femmes. Aux Comores, la réalité est tout autre. Depuis le premier mandat de son mari jusqu'à son retour au pouvoir en 2016, Ambari Darouechi brille par une absence totale d’engagement citoyen. Ce refus systématique de porter une cause sociale, dans un pays qui traverse des crises humanitaires et sociétales profondes, interroge gravement sur la perception qu'elle se fait de sa fonction.
Face aux fléaux qui rongent la société comorienne, l'inaction de la Première dame est devenue une anomalie flagrante. Les violences faites aux femmes et aux mineurs se multiplient, la précarité frappe de plein fouet les veuves et les orphelins, et la situation des enfants migrants exige des prises de position fortes. Pourtant, aucune fondation n'est née, aucune bourse n'est parrainée, et aucun plaidoyer sincère n'a jamais été prononcé par ses soins. Alors que son statut lui donne une voix capable d'éveiller les consciences et de mobiliser des ressources, Ambari Darouechi choisit le repli. Sa priorité semble se limiter au rôle de compagne de voyage et à la sécurisation des intérêts strictement familiaux.
Cette passivité est d'autant plus déroutante qu'elle contraste avec son agenda international particulièrement chargé. Ambari Darouechi a parcouru le monde, enchaîné les sommets, les visites officielles et les rencontres de haut niveau aux frais du contribuable comorien. On peut légitimement se demander comment il est possible de visiter autant d'institutions modernes, de côtoyer des homologues engagées et de revenir au pays sans la moindre idée, sans le moindre projet pour son peuple. Voyager aux quatre coins du globe pour n'en ramener qu'un silence de plomb relève d'une performance d'incompétence et d'un manque d'empathie qui confinent à l'inhumanité face aux souffrances locales.
Au-delà de l'inaction sociale, ce silence devient complice lorsqu'il touche aux drames humains les plus sombres du régime. Ces dernières années, plusieurs jeunes et enfants comoriens ont été tués lors de manifestations ou dans des circonstances troubles liées à la répression politique. Les familles pleurent des morts sans que les enquêtes promises n'aboutissent jamais. Devant la douleur de ces mères comoriennes privées de leurs enfants, la Première dame n'a pas eu un mot de compassion, ni une demande de justice. Ce refus de s'émouvoir face à l'assassinat de la jeunesse d'un pays est la preuve d'une déconnexion totale avec la fibre maternelle et humaine qu'exige sa position.
Le plus déplorable demeure la nature de ses rares interventions publiques. Lorsqu'elle sort enfin de sa réserve, ce n'est jamais pour apaiser, rassembler ou proposer des solutions. Ses prises de parole s'inscrivent systématiquement dans la ligne dure du pouvoir, alimentant la panique, la division et l'arrogance politique. Au lieu de jouer un rôle de médiatrice ou d'apaisement au sein du cercle présidentiel, elle participe activement à envenimer les tensions. Sa parole ne sert pas à construire la paix sociale, mais à défendre un clan, quitte à piétiner la détresse de la population.
Il est regrettable de constater qu'aux Comores, la fonction de Première dame a été vidée de toute substance humanitaire pour devenir un simple attribut de privilèges. Le bilan social d'Ambari Darouechi est un désert absolu. En refusant d'incarner la conscience morale ou sociale de la nation, elle rate définitivement l'occasion de laisser une empreinte positive dans l'histoire du pays. Les Comoriennes et les Comoriens méritent une figure inspirante, sensible à leurs maux, et non une spectatrice passive qui ne s'intéresse à l'État que pour les avantages qu'il procure à sa propre descendance.
IA