10/12/2025
?
Vous rêviez d’un monde où chaque bâtiment de la planète serait disponible en 3D, prêt à être analysé dans votre SIG ?
Ce monde est possible !
La Technical University of Munich vient d’annoncer le Global Building Atlas :
Soit 2,75 milliards de bâtiments modélisés en 3D, couvrant (pour la première fois) quasiment toute la planète.
Et la meilleure partie ?
Vous pouvez déjà les visualiser directement dans QGIS ou ArcGIS pro.
Parce qu’on parle ici de modèles LoD1 globaux: empreinte au sol + hauteur réelle.
Pas un jumeau numérique au sens propre, mais un volume fiable de CIM (city informations modeling), homogène, exploitable.
Imaginez ce que cela pourrait changer pour les analyses urbaines, les études d’ombre, les projets d’aménagement, la data storytelling… même dans des zones où vous n’avez rien d’autre que l’imagerie.
Et au-delà des usages géospatiaux, ces modèles ouvrent aussi la voie à des applications environnementales majeures.
Ils pourront devenir un support précieux pour des évaluations environnementales, des études de confort (thermique, lumineux), ou encore des analyses de cycle de vie (ACV) simplifiées basées sur l'intégration BIM+CIM/ LCA.
Autant d’outils d’aide à la décision essentiels pour l’écoconception et la réduction de l’empreinte carbone du cadre bâti.
Et surtout que c’est (open source) accessible à tous.
Comment tester ?
Moi je me lance à petit jeu d'analyse cartographique du bâti 😎
La carte représente la densité de bâtiments à l’échelle mondiale.
Symbolologie:
1. Rouge/Orange : zones à très forte concentration de bâtiments, donc régions fortement urbanisées.
2. Jaune/Vert : concentration moyenne à faible.
3. Bleu : faible densité, zones rurales ou faiblement habitées.
4. Gris : zones quasi dépourvues de bâtiments (déserts, montagnes, forêts denses, régions polaires, etc.).
🔍 Analyse par grandes régions
I. Europe
L’Europe apparaît comme l’une des zones les plus rouges, particulièrement l’Europe de l’Ouest: forte urbanisation continue de la Belgique, Pays-Bas, Nord de l’Italie, Allemagne de l’Ouest, Royaume-Uni.
L’Europe centrale et orientale montrent aussi une densité importante.
II. Asie
Chine de l'Est : une vaste zone rouge, correspondant aux mégapoles et plaines densément peuplées.
L'Inde du Nord et plaine : zone très dense, majoritairement jaune/orange.
Le Japon : forte densité autour des grandes villes (Tokyo, Osaka).
Asie du Sud-Est : densité moyenne à forte le long des littoraux.
III. Afrique
Majoritairement en bleu : densité faible.
Exceptions :
-Nigeria et la côte ouest africaine.
-Égypte, quasiment uniquement le long du Nil : une bande claire bien visible.
-Quelques zones littorales d’Afrique de l’Est.
IV. Amériques
Canada: majoritairement bleu et gris, sauf corridor Toronto–Montréal.
États-Unis (côte Est, Midwest, Californie) : densité moyenne à forte, avec quelques pôles rouges.
Amérique latine:
Littoraux brésiliens : densité notable (jaune/vert).
Andes et Amazonie : zones bleues (faible présence de bâtiments).
V. Océanie
Australie : pratiquement vide sauf zones littorales de l'Est et du Sud.
Indonésie / Philippines : densité modérée à forte, plus fragmentée.
Synthèse globale
Les zones rouges correspondent très clairement aux régions les plus peuplées de la planète ou les plus urbanisées.
Les grandes plaines agricoles intensives apparaissent aussi en densité moyenne (jaune/vert), car elles comportent un tissu de bâtiments dispersés (fermes, infrastructures).
Les zones bleu foncé et grises correspondent soit à des milieux naturels difficiles (forêts tropicales, montagnes, déserts) soit à de très faibles densités de population.
Au total, cette carte visualise la relation entre densité de population, urbanisation, et conditions géographiques. Les zones les plus accueillantes pour la vie humaine ou historiquement urbanisées ressortent en couleurs chaudes, tandis que les grandes zones naturelles ou peu habitables sont en bleu ou gris.
Peut on dire que le centre de décisions du monde se tourne vers l'Asie et plus particulièrement la Chine ?