12/11/2025
La chair n’était qu’un prétexte.
Ce qui comptait vraiment,
c’était se perdre dans un souffle,
s’abandonner à la cadence
où deux respirations se confondent.
Ce n’était pas le corps seulement,
mais la manière de s’approcher,
de s’enlacer comme si, soudain,
le reste du monde s’éteignait,
comme si… un devenait un.
La peau était chaude,
la brise d’un souffle sur le cou,
les traces laissées comme une œuvre d’art éphémère,
ce silence dense, plein de tout,
qui est tombé juste après…
Rien n’a été tout mangé en une seule nuit,
mais chaque instant fut dévoré,
déchiré jusqu’au plus profond
pour appartenir à un menu d’un plat unique,
créé par un chef
qui tissait les liens de l’infini.
Et sur la balance du temps,
cachée dans une boîte à gants,
les rires et les silences se sont posés,
légers et lourds à la fois,
avec l’urgence de ceux qui savent
que ce qui est trop beau
s’évanouit trop vite.
Une seule nuit,
des draps frais,
du bois qui s’allume au son de la pluie,
des gestes au goût d’adieu plutôt que de promesse…
Et pourtant,
tout semblait infini,
comme un pont posé là depuis des générations,
prêt à être visité.
Aujourd’hui,
ce ne sont pas des mains qui manquent,
mais cette paix trouvée au réveil,
un adieu sur le quai d’un port,
cet instant suspendu
où rien ne pouvait atteindre,
et tout pouvait arriver.
L’éternité passe vite, oui…
Mais certaines rencontres
n’ont pas besoin d’années
pour devenir des connexions :
un souffle sifflé et partagé
dans l’espace d’une quête de cailloux
suffit pour changer une vie à jamais.
Et maintenant,
rester là, immobile,
au banquet du destin.
Prisonnière de la tour d’un peintre
qui a capturé à jamais
les lumières et les ombres.
Le goût du profond,
de l’infini passé,
de ce qui fut.