19/08/2020
Depuis que les banques ont récupéré plusieurs milliards de DH de biens immobiliers en remboursement des crédits de certains promoteurs pour éviter des faillites, le niveau de vigilance vis-à-vis du secteur est monté d’un cran.
Bank Al-Maghrib a même édicté des règles spécialement pour les dations en paiement. Elles devraient entrer en vigueur au cours des prochains mois. Parallèlement, la banque centrale travaille sur l’encadrement de l’endettement immobilier des ménages. L’encours du crédit à l’habitat a atteint 226 milliards de DH en 2019 pour un taux de défaut de 6,8% en dégradation de 0,3 point sur un an.
Pour circonscrire le risque lié à ces prêts, la banque centrale a multiplié les réunions avec les banques et les sociétés de crédit à la consommation sur les conditions d’octroi notamment le taux d’endettement, la durée, les taux d’intérêt... Ces échanges vont aboutir à la fixation de seuils pour certains ratios pour prévenir l’endettement excessif des ménages et protéger les banques contre les risques qui y sont associés.
Les limites pour les ratios loan-to-value (rapport entre le montant du crédit et le prix d’achat du bien immobilier) et DSTI (service de la dette rapporté au revenu) seront fixées d’ici 2021. Les banques ont transmis les premiers reporting sur les données qui serviront au calcul du ratio DSTI. Aujourd’hui, il n’y a pas de règles fixes sur le taux d’endettement, chaque établissement ayant sa politique en la matière. Les changements à venir pourraient exclure certains profils de l’accès au crédit à l’habitat.
Pour renforcer ses outils d’analyse, Bank Al-Maghrib procède à la fiabilisation des données sur les prix de location et de vente des biens immobiliers. La matière première proviendra notamment des sites web immobiliers grâce au web scraping. Ces données extraites serviront au calcul des indicateurs de suivi du risque immobilier, tels que le ratio location/prix.
En outre, «les travaux en cours exploitent des algorithmes de Machine Learning non supervisés basés sur l’intelligence artificielle afin d’assurer une meilleure segmentation des offres sur le marché immobilier», indique la banque centrale.