09/05/2023
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5. La doctrine fiscale
La doctrine fiscale concerne l'ensemble des écrits et opinions des théoriciens et praticiens en matière de fiscalité. Bien que n'étant pas une source formelle directe du droit fiscal, la doctrine contribue à faciliter la connaissance de celui-ci et, par ses réflexions, peut inspirer le législateur sur la politique fiscale.
6. Les conventions fiscales internationales
Les conventions fiscales internationales sont des conventions bilatérales passées entre deux (2) États dans le but d'éliminer les doubles impositions. Les conventions fiscales internationales n'ont pas pour fonction de créer une imposition mais d'éviter qu'un même bien ou qu'un même ne fasse l'objet d'une double imposition revenu, de lutter contre la fraude et l'évasion fiscale et la protection des contribuables. Les conventions fiscales internationales s'inspirent pour la plupart du modèle élaboré par le Comité des affaires fiscales de I'OCDE, lequel est périodiquement révisé. Le Mali en a signé notamment avec la France, le Maroc, la Russie, la Tunisie, le Monaco et I'UEMOA.
II. Les principes du droit fiscal
L'objet essentiel du droit fiscal est l'impôt. Le droit fiscal en tant que branche du droit public peut se définir alors comme 《l'ensemble des règles et des principes relatifs au droit de lever l'impôt ». Plusieurs principes gouvernent effectivement la levée de l'impôt dont certains découlent même des dispositions constitutionnelles et de ses implications et d'autres des principes généraux du droit fiscal. Ainsi, nous pouvons retenir les grands principes suivants :
1. Le principe de légalité de l'impôt
Le principe de légalité de l'impôt tire son origine du principe de consentement de l'impôt. Aucune levée d'impôt ne pourra s'effectuer si elle n'a pas été préalablement décidée par l'Assemblée représentative des citoyens soit 1'Assemblée Nationale. En conséquence, seul le parlement est habilité, dans le cadre de la loi des finances ou d'une loi ordinaire, à créer, à modifier ou supprimer un impôt, à en définir les règles d'assiette, de calcul et de recouvrement. Cette autorisation a pour but d'en fixer les règles, d'en autoriser chaque année la perception, d'entrainer l'obligation pour I ‘administration fiscale d'en effectuer le recouvrement.
2. Le principe d'égalité devant l'impôt
Selon l'article 2 de la Constitution du Mali, « tous les maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs... ». Le droit fiscal ne fait pas exception à cette règle de portée universelle.
Cependant, le droit fiscal admet des traitements différents compte tenu des particularités de l'activité ou du contribuable (capacités contributives, situations de famille, profession...). Il ne s'agit donc pas d'une uniformité de traitement, mais toute discrimination doit être justifiée et fondée sur des aspects autres que la race, la religion, l'opinion, etc. C'est cela un peu de particularisme du droit fiscal.
3. Le principe de liberté
Le principe de liberté en matière fiscale s'entend non seulement de la liberté individuelle mais aussi de la liberté de commerce et de l'industrie. Ce principe est à la base de beaucoup de procédures du droit fiscal alors même que l'impôt constitue le premier facteur de limitation des libertés individuelles. Il n'en demeure pas moins que seul l'impôt permet le fonctionnement des sociétés organisées, le faisant apparaître comme facteur d'émancipation. De toute façon, le droit fiscal ne porte pas atteinte à la liberté de gestion de l'entreprise en ce sens que l'entrepreneur est libre de sa gestion et que les frais qu'il expose sont déductibles.
4. Le principe de nécessité de l'impôt
Le principe de nécessité de l'impôt préconise que « pour l'entretien de la force publique et pour les dépenses de l'administration, une contribution commune est indispensable ». L'article 23 de la Constitution du Mali annonce que « tout citoyen doit œuvrer pour le bien commun ». Ce caractère indispensable et nécessaire fonde la légitimité du contrôle fiscal et de la répression de la fraude. Ni la fraude, ni le refus de l'impôt ne saurait se justifier au nom de la liberté individuelle. Il faut donc concilier nécessite et liberté.
5. Principe d'annualité de l'impôt
Le principe d'annualité de l'impôt procède de deux autres principes, celui du consentement à l'impôt et celui de l'annualité budgétaire. Il signifie que la perception des impôts doit être autorisée pour une année (l'année civile) par la loi des finances. Ce principe concerne uniquement l'autorisation qui est annuelle, non la validité dans le temps des dispositions fiscales, qui demeurent applicables tant qu'un texte les modifiant ou les supprimant n'a pas été voté. Le principe n'interdit pas le recouvrement de l'impôt au-delà de l'année. Il ne fait pas obstacle non plus à la réparation d'insuffisances, d'erreurs ou d'omissions commises lors de l'établissement de l'impôt ou des déclarations des contribuables.
6. Le principe du respect des droits de la défense
Le contribuable doit être informé de toutes les sanctions envisagées à son encontre avant de les arrêter afin qu'il puisse préparer sa défense en toute connaissance de cause. Ce principe est consacré dans les procédures de rectification. Toute rectification doit être précédée d'une notification préalable. Le contribuable dispose de voies de recours bien indiquées pour toutes ses réclamations.
7. Le principe de territorialité
Le principe de territorialité définit l'application de la loi fiscale dans l'espace (terrestre, maritime ou fluvial et aérien). La territorialité rend la loi fiscale applicable à tous ceux qui se trouvent sur le territoire national et à tous les biens qui s'y produisent où s'y consomment.
Cependant, le pouvoir fiscal peut, dans certains cas, s’étendre au-delà des frontières nationales ou inversement, n’en vertu de certaines conventions fiscales internationales, la souveraineté peut être affectée par des normes supérieures à la loi nationale parce que découlant d'un traité ratifié et approuvé par le parlement.
8. Le principe de la non rétroactivité de la loi fiscale
Le principe de non - rétroactivité, qui est de portée générale, découle de l'article 2 du Code Civil. Alors que ce principe constitue l'un des fondements essentiels de la sécurité juridique, son application en matière fiscale est loin d'avoir un caractère systématique. La raison de cette application partielle tient aux relations entre droit fiscal et droit budgétaire. Ainsi, la loi fiscale est nécessairement rétroactive en ce qui concerne les impôts directs dans la mesure où c'est la loi des finances initiale qui fixe les tarifs ou taux d'imposition applicables aux revenus acquis au cours de l'année qui vient de s'écouler. Le principe d'annualité et la règle du fait générateur rendent quasiment inévitable la rétroactivité de la loi en matière d'imposition directe.
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