06/05/2025
《La tempête est là : nous devons rester forts : ils sont au désarroi.
Disons-le net : il n’y a pas et il ne saurait y avoir d’antagonisme entre militaires et civils. Car, nous sommes tous d’abord maliens. Le militaire est un frère civil malien en uniforme, et le civil est un frère militaire malien sans uniforme. Il y a, en effet, dans toute société humaine, une lutte de classes qui oppose deux camps : ceux qui profitent du désordre ambiant et font semblant d’être opposés aux lois qui les protègent, et ceux qui se battent pour le vrai dans le respect des lois en vigueur. À cause de leur ignorance, leur précarité ou leur lâcheté, il existe une catégorie abusée, qui n'a absolument rien. Majoritaire, cette catégorie résignée est composée de pauvres citoyens, de nécessiteux, d’affamés, de silencieux et est prise en otage entre des intérêts antagoniques impitoyables. Les ultra minoritaires composés d’officiers militaires, d’affairistes gloutons, et de « politiciens rapaces » réformés qui ne se font aucun cadeau et qui utilisent la misère des nécessiteux pour conquérir le pouvoir, l’exercer et s’y maintenir vaille que vaille. Face à eux, c’est une classe de « moutons et de béni oui-oui » moulés pour subir et pour encaisser, dépourvus de la volonté de réagir et d’opppser un refus significatif. Ceux qui ont usurpé le pouvoir n’ont aucune vocation à les aider, occupés qu’ils sont à assurer égoïstement leur quotidien et l’avenir de leurs enfants, de leurs familles et de leurs alliés.
Tout Peuple docile et suiveur, comme des moutons à l’abattoir, est plus coupable que victime… Toutes les puissances citées en exemple aujourd’hui ont, à un moment donné de leur histoire, pris leur destin en main. Qu’il s’agisse de la France en 1789, de la Russie en 1917, de la Chine en 1911, de la Grande-Bretagne en 1640, de l’Inde en 1947, de l’Iran en 1979, des États-Unis d’Amérique en 1763, les populations ont tiré leur salut des révolutions, de leur refus ferme de subir la tyrannie, l’arrogance d’un groupuscule. Dans tous les cas, comme le disait Agatha Christie : « Un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups ». Ne perdons pas notre pouvoir d’indignation au risque de nous faire bouffer par les loups… Salam !》
Yaya SANGARÉ, Secrétaire Général de l'Adéma-PASJ.