01/05/2026
DÉCLARATION DES FORCES VIVES NIGÉRIENNES
SUITE AUX ATTAQUES TERRORISTES AU MALI
Les forces vives nigériennes, composées des organisations de la société civile, des Etudiants et Scolaires, des leaders religieux, des représentants des jeunes et des femmes, des épouses des Forces de Défense et de Sécurité expriment leur profonde émotion, leur indignation et leur condamnation la plus ferme suite aux attaques terroristes barbares, coordonnées et lâches perpétrées contre la République sœur du Mali.
En ces moments de douleur, nous adressons au peuple malien, à ses autorités ainsi qu’à ses Forces de Défense et de Sécurité, notre solidarité totale, sincère et agissante.
Nous nous inclinons avec respect devant la mémoire de toutes les victimes de ces attaques et exprimons notre compassion aux familles durement éprouvées.
Ces attaques d’une extrême gravité ne sont pas des actes isolés. Elles s’inscrivent dans une stratégie globale de déstabilisation visant à freiner, voire à briser, la dynamique de souveraineté engagée par les États de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Des éléments concordants évoquent la présence de combattants étrangers notamment français et Ukrainiens dans ces opérations. Ces révélations ne peuvent être ignorées. Elles appellent à une condamnation ferme et résolue.
Face à cela, nous disons avec clarté et détermination :
les peuples du Sahel ne sont plus dupes.
Les forces vives nigériennes dénoncent avec fermeté les dynamiques d’ingérence persistantes ainsi que les intérêts qui contribuent, directement ou indirectement, à entretenir l’instabilité dans notre espace.
Dans cette perspective, la question des intérêts français doit être posée sans détour.
Nous affirmons clairement que la présence des entreprises et sociétés françaises dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel est incompatible avec l’exigence de souveraineté pleine et entière.
Par conséquent, nous demandons le départ de l’ensemble des entreprises et sociétés françaises opérant dans l’espace de l’AES, dans le cadre d’une riposte économique assumée face aux dynamiques de déstabilisation.
Les peuples du Sahel ont compris une vérité essentielle :
tant que nos économies et notre système monétaire resteront sous influence, notre sécurité restera fragile.
C’est pourquoi nous affirmons avec force que le franc CFA, en tant qu’héritage d’un système monétaire colonial, constitue aujourd’hui un instrument de dépendance.
Sa remise en cause totale est une nécessité historique.
Nous appelons à l’accélération immédiate de la mise en place d’une monnaie commune de l’AES, levier stratégique de souveraineté, de protection économique et de sécurisation de nos États.
Par ailleurs, ces événements doivent également nous interpeller collectivement.
Ils rappellent avec force que la lutte contre le terrorisme ne saurait être uniquement l’affaire des États.
Elle est aussi une responsabilité citoyenne.
À ce titre, nous appelons :
à l’intensification et à la réactivation des brigades de veille citoyenne, notamment dans les villages, les zones frontalières et les axes empruntés par les groupes terroristes ;
à une organisation rigoureuse des communautés pour assurer une remontée rapide et fiable de l’information ;
au renforcement de la collaboration étroite entre les populations et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), dans un esprit de discipline, de confiance et de responsabilité ;
La sécurité de nos territoires repose désormais sur une mobilisation populaire consciente, structurée et permanente.
Nous attirons également l’attention sur la montée de la désinformation et des campagnes de déstabilisation dans l’espace médiatique et numérique.
Nous dénonçons avec fermeté les prises de position et contenus qui encouragent, justifient ou accompagnent les agressions contre nos États.
Ces comportements ne sauraient être tolérés.
Nous appelons les autorités à :
renforcer le contrôle de l’espace informationnel et numérique ;
identifier, interpeller et traduire en justice les auteurs de contenus de soutien aux agressions contre nos États ;
La liberté d’expression ne peut servir de couverture à la déstabilisation.
Nous interpellons également les dirigeants africains.
Nous n’avons pas oublié qu’à la suite des attentats contre Attentat contre Charlie Hebdo, plusieurs chefs d’État africains s’étaient déplacés, avaient exprimé leur émotion et affiché leur solidarité.
Aujourd’hui, face aux attaques barbares qui frappent le Mali,
nous constatons un silence assourdissant.
Aucune mobilisation.
Aucune indignation à la hauteur.
Aucune solidarité visible.
Ce contraste interroge.
Ce silence fragilise.
Ce silence engage.
L’Afrique ne peut être forte que dans la solidarité.
L’indignation ne peut pas être sélective.
Nous réaffirmons avec force notre soutien indéfectible aux processus de refondation en cours au Mali, au Niger et au Burkina Faso, ainsi qu’aux autorités qui les conduisent avec détermination dans un contexte particulièrement exigeant. À ce titre, les forces vives nigériennes expriment leur solidarité pleine et entière avec le Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, avec le Président du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, ainsi qu’avec le Président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Nous saluons leur engagement pour la souveraineté, la stabilité et la dignité des peuples de l’Alliance des États du Sahel, et réaffirmons notre engagement ferme et constant à accompagner, soutenir et défendre ce processus historique jusqu’à son aboutissement.
Face aux défis actuels, notre réponse doit être globale :
sécuritaire, populaire, économique et monétaire.
Aujourd’hui plus que jamais, l’heure est à l’unité, à la vigilance et à la mobilisation générale.
Au peuple malien, nous disons avec force : vous n’êtes pas seuls.
Le Niger se tient à vos côtés.
Les forces vives nigériennes se tiennent à vos côtés.
Les peuples de l’AES se tiennent à vos côtés.
Ensemble, nous résisterons.
Ensemble, nous avancerons.
Ensemble, nous construirons notre souveraineté.
Fait à Niamey, le 30 avril 2026
Le Collectif des Forces Vives Nigériennes