14/09/2026
Je pensais au départ qu’il fallait d’abord être conscient de la présence de Dieu en nous pour pouvoir comprendre comment cette présence pouvait se manifester. Mais je me rends compte que cela peut aussi fonctionner dans l’autre sens : c’est parfois en cherchant à comprendre que l’on devient progressivement conscient.
Alors, comment nous conscientiser par rapport à cette proximité divine ? Le Coran ? La méditation ? L’introspection ? L’expérimentation ?
Deux versets me viennent notamment à l’esprit : « Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire » (50:16) et « Certes, Nous avons honoré les enfants d’Adam… » (17:70).
Ces deux versets nous invitent à réfléchir à deux choses : la proximité de Dieu et la place particulière accordée à l’être humain dans la création. Une créature honorée, dotée de capacités, de responsabilité et d’un pouvoir d’action sur son environnement.
Mais connaître ces paroles ne signifie pas nécessairement en être conscient.
Je peux savoir que Dieu est proche de moi sans réellement vivre cette proximité. Je peux connaître un verset sans encore en avoir intégré la profondeur. Je peux prononcer « Lā ilāha illā Allāh » sans avoir pleinement conscience de tout ce que cette formule implique.
Et peut-être il existe justement plusieurs degrés de conscientisation.
Il y a d’abord le savoir : je sais que Dieu existe, je connais Ses noms, Ses attributs, Ses paroles.
Puis vient la conscience : je commence à réaliser intérieurement ce que ces connaissances signifient pour moi et pour ma manière de regarder le monde.
Puis vient l’expérience : cette conscience commence à transformer ma façon d’agir, de penser, d’aimer et de considérer les autres.
Et peut-être qu’ensuite vient un approfondissement qui ne connaît pas véritablement de terme. Car plus je cherche à connaître Dieu, plus je prends conscience de l’immensité de ce que je ne connais pas encore.
C’est là que la méditation, l’introspection et l’expérimentation du divin dans la création peuvent prendre leur place. Observer la nature, être attentif à soi-même, contempler, faire l’expérience de la gratitude, de la compassion, du silence… Tout cela peut transformer une connaissance en une conscience vécue.
Et c’est justement ce qui rend cette démarche si difficile : comprendre intellectuellement la présence de Dieu est une chose, mais la vivre pleinement dans notre quotidien en est une autre. La conscientisation demande du temps, de l’introspection et surtout une volonté de remettre constamment en question notre manière de voir, de penser et d’agir vis à vis du monde.