27/08/2025
111 % du PIB : dépasser la polémique pour assumer la lucidité économique.
Au-delà des postures politiques et des débats partisans, la situation actuelle exige une lecture lucide et responsable.
La révision de l’encours de la dette publique centrale du Sénégal n’est pas un simple épisode comptable, elle impose une posture claire, celle de la retenue et de l’anticipation.
Il ne s’agit pas de polémiquer mais de restaurer la crédibilité des statistiques, et surtout de renforcer et d’amplifier le service public pour soutenir la population dans un contexte budgétaire contraint.
La mission du FMI a confirmé que l’encours de la dette publique centrale s’élevait à 111 % du PIB fin 2023, contre une estimation initiale de 74,4 %.
Les projections elles, l’amènent à 118,8 % du PIB fin 2024.
Cette révision résulte principalement de passifs non déclarés auparavant, révélant un besoin urgent de consolidation budgétaire et de transparence accrue.
Sur le plan technique, un ratio dette/PIB supérieur à 100 % traduit une vulnérabilité structurelle et un service de la dette représentant déjà près de 40 % des recettes fiscales en 2023, la soutenabilité est en question car plus la charge de la dette absorbe les ressources, plus l’investissement productif et social se réduit.
Le défi n’est donc pas uniquement arithmétique, il surtout est stratégique.
Dans ce contexte, la posture attendue repose sur des fondements clairs :
• maîtrise du déficit primaire,
• amélioration du taux de pression fiscale,
• mobilisation accrue des ressources internes,
• optimisation rigoureuse des PPP,
• discipline financière pour préserver les marges budgétaires.
L’objectif ultime étant ici de regagner la confiance des partenaires financiers et de garantir que le service public, loin d’être affaibli par l’endettement, demeure le moteur de la relance économique et sociale.