Bureau des justiciables

Bureau des justiciables BDJ vous propose des services juridiques adaptés à vos besoins et conformes au droit. Nous vous as

06/11/2025

Procédure pénale :
1. Infraction : Violation de la loi pénale (contravention, délit, crime).
2. Plainte : Acte par lequel une victime signale une infraction à la justice.
3. Flagrance : Infraction en train de se commettre ou immédiatement après.
4. Garde à vue : Rétention d’une personne suspectée, par la police, max 48h (sauf exceptions).
5. Instruction : Enquête judiciaire menée par un juge d’instruction pour les affaires graves.
6. Mise en examen : Statut d’une personne suspectée pendant l’instruction.
7. Citation directe : Procédure permettant de saisir directement le tribunal sans enquête.
8. Tribunal correctionnel : Juge les délits.
9. Cour d’assises : Juge les crimes, avec jury populaire.
10. Partie civile : Victime qui demande réparation du préjudice.
11. Appel : Demande de réexamen d’un jugement.
12. Présomption d’innocence : Toute personne est innocente tant qu’elle n’a pas été jugée coupable.
13. Non-lieu : Décision de ne pas poursuivre (souvent faute de preuves).
14. Contrôle judiciaire : Liberté surveillée décidée par le juge pendant l’enquête.
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Bureau des Justiciables

02/11/2025

Dans le cadre de son activité quotidienne, l'administration est amenée à adopter divers actes juridiques. Toutefois, il n’est pas rare que certaines de ces décisions portent atteinte aux droits ou aux intérêts des administrés.
Face à une telle situation, plusieurs voies de recours sont prévues afin de permettre aux particuliers de contester les actes litigieux.
Ces recours se répartissent en deux grandes catégories :
Primo, Le recours contentieux, qui consiste à saisir le juge administratif en vue d’obtenir l’annulation ou la modification de l’acte contesté.
Secundo,Le recours non contentieux, qui s’exerce directement auprès de l’administration, sans intervention du juge.
Dans cette dernière, on retrouve le recours hiérarchique et Le recours gracieux.
Bien que ces deux recours tendent à la remise en cause d’une décision administrative, ils se distinguent par leur destinataire et leur portée.

— Le recours gracieux s'apparente à une réclamation adressée directement à l'auteur de la décision contestée. Par exemple, cela pourrait être un maire, un préfet, ou un inspecteur d'académie. Le but de ce recours est de demander à l'autorité ayant pris la décision de la réexaminer et, éventuellement, de la modifier ou l'annuler.
Le recours gracieux peut ainsi être vu comme une tentative de résolution amiable de la contestation, sans avoir recours à des instances supérieures ou judiciaires.
Généralement, le recours gracieux doit être formé dans un délai spécifique à compter de la notification de la décision contestée (ce délai peut varier selon la juridiction et le type de décision).

— Par contre, le recours hiérarchique, est une réclamation adressée non pas à l'autorité décisionnaire comme dans le cas du recours gracieux, mais plutôt au supérieur hiérarchique de l'autorité qui a pris la décision contestée.
Par exemple, si une décision est prise par un préfet, le recours hiérarchique serait adressé au ministre de l'intérieur. Ce type de recours permet de porter la contestation à un niveau supérieur, en espérant que l'autorité hiérarchiquement supérieure examinera le dossier avec un regard neuf et impartial.
Il est important de noter qu'il est possible de déposer un recours hiérarchique sans avoir nécessairement effectué un recours gracieux au préalable, ou sans attendre la réponse à un recours gracieux déjà déposé. Cette flexibilité permet de ne pas retarder la procédure de contestation et de maximiser les chances d'obtenir une révision favorable de la décision contestée.

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14/10/2025

DIFFÉRENCE ENTRE DROIT OBJECTIF ET DROIT SUBJECTIF 🤔

Dans le langage juridique, le mot « droit » peut s’entendre de 2 façons :

– Le droit objectif
– Le droit subjectif (les droits subjectifs)

Nous aborderons d’abord la notion de « droit objectif » puis celle de « droits subjectifs ».

🔴LE DROIT OBJECTIF

Tout d’abord, le droit objectif est défini comme l’ensemble des règles juridiques qui régissent les rapports entre les hommes au sein de la société.

La notion de « droit objectif » renvoie donc à la règle de droit de manière générale. C’est « LE DROIT ».

Ainsi, le droit objectif correspond donc à un ensemble de règles de droit qui ont pour but de régir les rapports entre les hommes au sein d’une société donnée.

Par exemple, l’article 311-3 du Code pénal📕 précise que « Le vol est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende💶. ». C’est une règle de droit posée par le droit objectif.

🔴LE DROIT SUBJECTIF( LES DROITS SUBJECTIFS)

Les droits subjectifs sont les prérogatives qui sont reconnues par le droit objectif aux sujets de droit (aux personnes).

On parle des droits subjectifs lorsqu’on se demande : « Quels sont mes droits dans cette situation ? »

On parle aussi des droits subjectifs lorsqu’on se dit : « J’ai le droit de peindre ma maison car j’en suis propriétaire », « J’ai le droit de vendre ma maison car j’en suis propriétaire ».

Les droits subjectifs sont donc des pouvoirs que le droit objectif va donner aux personnes juridiques.

Ainsi, si le droit subjectif d’une personne est violé par une autre personne, la personne titulaire de ce droit subjectif (celle dont le droit a été violé) va pouvoir agir en justice pour défendre son droit subjectif.

Par exemple, je suis propriétaire d’un terrain🏠. Pendant deux années d'absence, une personne inconnue s’est installée illégalement sur mon terrain. Par conséquent, je vais intenter une action en justice afin de l’expulser car je suis titulaire d’un droit subjectif sur ce terrain ; en l’occurrence, je suis titulaire d’un droit de propriété sur ce terrain🏠.

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Bureau des Justiciables

01/10/2024

𝗟𝗘 𝗣𝗔𝗥𝗧𝗘𝗡𝗔𝗥𝗜𝗔𝗧 𝗣𝗨𝗕𝗟𝗜𝗖-𝗣𝗥𝗜𝗩𝗘́

✍🏾Bureau des Justiciables

"𝗟𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗲𝗻𝗮𝗿𝗶𝗮𝘁 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰-𝗽𝗿𝗶𝘃𝗲́ (PPP) est un mécanisme de collaboration entre le secteur public et le secteur privé, conçu pour réaliser des projets d'infrastructure ou fournir des services d'intérêt général. Ce type de partenariat permet aux gouvernements de bénéficier des ressources, de l'expertise et de l'innovation du secteur privé tout en conservant la responsabilité publique sur les services fournis.

🔴 𝗗𝗲́𝗳𝗶𝗻𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗳𝗼𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁

Un PPP est généralement établi par un contrat qui définit les rôles et les responsabilités des deux parties.

Les éléments clés qui caractérisent un PPP :

🔹Parties impliquées : Le partenariat se forme entre une autorité publique (comme l'État ou une collectivité locale) et une ou plusieurs entreprises privées.

🔹Objectifs : Le but principal est de financer, construire, gérer ou maintenir des infrastructures publiques, telles que des routes, des hôpitaux ou des écoles.

🔹Durée : Les contrats de PPP sont souvent à long terme, généralement entre 15 et 30 ans, permettant ainsi une amortisation des coûts sur plusieurs années.

🔹Financement : Le partenaire privé finance la majeure partie du projet. En échange, il reçoit un paiement régulier de la part de l'autorité publique ou des revenus générés par l'utilisation du service (comme des péages ou des frais d'utilisation).

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🔴 𝗔𝘃𝗮𝗻𝘁𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗣𝗣𝗣

Les partenariats public-privé présentent plusieurs avantages :

🔹Accès à des financements privés : Les gouvernements peuvent lancer des projets sans avoir à supporter l'intégralité du coût initial, ce qui permet une gestion budgétaire plus souple.

🔹Innovation et efficacité : Les entreprises privées apportent souvent des solutions innovantes et une gestion plus efficace grâce à leur expertise.

🔹Partage des risques : Les risques liés au projet (financiers, techniques, etc.) sont répartis entre le secteur public et le secteur privé, ce qui peut réduire la charge sur les finances publiques.

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🔴 𝗖𝗿𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗶𝗺𝗶𝘁𝗲𝘀

Malgré leurs avantages, les PPP ne sont pas exempts de critiques :

🔹Coûts élevés : Les études montrent que les projets en PPP peuvent parfois coûter plus cher que ceux financés directement par le secteur public en raison de la complexité contractuelle et des marges bénéficiaires demandées par le secteur privé.

🔹Transparence et responsabilité : Les contrats de PPP peuvent manquer de transparence, ce qui peut rendre difficile la responsabilité publique. Les citoyens peuvent se sentir dépossédés des décisions concernant les services publics.

🔹Risque de dépendance : Une dépendance excessive aux financements privés peut nuire à la capacité d'un gouvernement à gérer ses propres infrastructures.

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🔴 𝗠𝗶𝘀𝗲 𝗲𝗻 œ𝘂𝘃𝗿𝗲 𝗱'𝘂𝗻 𝗣𝗣𝗣

La mise en place d'un partenariat public-privé suit plusieurs étapes :

🔹Évaluation du projet : L'autorité publique doit évaluer la pertinence du projet en tenant compte des coûts, bénéfices et risques associés.

🔹Sélection du partenaire : Un processus d'appel d'offres est généralement mis en place pour choisir le partenaire privé.

🔹Négociation du contrat : Les termes du contrat sont négociés pour établir les responsabilités financières et opérationnelles.

🔹Suivi et évaluation : Une fois le projet lancé, il est essentiel d'assurer un suivi régulier pour garantir que les objectifs sont atteints selon les normes établies."

Psychosociologie des organisations et pratique du management :Exercices, études de cas et corrigésCet ouvrage développe ...
02/12/2023

Psychosociologie des organisations et pratique du management :
Exercices, études de cas et corrigés
Cet ouvrage développe une approche tendant à croiser les regards de la gestion et de la psychosociologie sur les organisations, à ouvrir les thématiques et à réussir le champ d'analyse dans une perspective internationale. Toutes les recherches actuelles, sur le management des organisations, montrent l'importance de la gestion des situations diverses dans la performance organisationnelle. Ce manuel permet, dans ce sens, d'étudier l'attitude et le comportement au travail, le changement organisationnel et les facteurs régissant les dynamiques de groupe, la culture d'entreprise et la gestion des conflits. Le texte est structuré sous forme de (8) modules développant diverses thématiques avec des exercices, cas pratiques et corrigés.
Contact : Appel: +221779486867, WhatsApp : +221764914251

Le mois de décembre de folie s’annonce avec l'apparition du LIVRE: Psychologie des Organisations et Pratiques du Managem...
02/12/2023

Le mois de décembre de folie s’annonce avec l'apparition du LIVRE: Psychologie des Organisations et Pratiques du Management 📚AU SÉNÉGAL 🇸🇳. Avec des Exercices, Études des cas et corrigés
C'est pour vous Étudiants et Professionnels.
Contactez : 779486867 ou par watsap au 764914251

"𝗟𝗲𝘀 𝗖𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝗿𝗶𝗮𝗴𝗲": 𝗖𝗼𝗺𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗘𝗻𝗷𝗲𝘂𝘅 𝗟é𝗴𝗮𝘂𝘅 𝗔𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗗𝗶𝗿𝗲 '𝗢𝘂𝗶'Se marier est une étape importante de la vie,...
23/09/2023

"𝗟𝗲𝘀 𝗖𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝗿𝗶𝗮𝗴𝗲": 𝗖𝗼𝗺𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗘𝗻𝗷𝗲𝘂𝘅 𝗟é𝗴𝗮𝘂𝘅 𝗔𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗗𝗶𝗿𝗲 '𝗢𝘂𝗶'

Se marier est une étape importante de la vie, mais saviez-vous que derrière les promesses d'amour et d'engagement se cachent aussi des considérations légales importantes ? Les contrats de mariage sont un outil précieux pour établir les droits et les responsabilités de chaque conjoint. Dans cet article, nous allons vous guider à travers les bases des contrats de mariage et ce qu'ils signifient sur le plan légal.

Avant de plonger dans ce voyage captivant, assurez-vous de vous abonner à la page "𝗥é𝗽𝗲𝗿𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗷𝘂𝗿𝗶𝘀𝘁𝗲𝘀" – votre destination incontournable pour tout ce qui touche au droit.

1. Les Types de Contrats de Mariage : Il existe différents types de contrats de mariage, y compris le contrat de mariage en communauté de biens, la séparation de biens et les variations hybrides. Chacun a des implications légales spécifiques en cas de divorce ou de décès.

2. Protection des Biens Avant le Mariage : Un contrat de mariage peut servir à protéger les biens acquis avant l mariage. Cela peut être particulièrement utile pour les personnes qui ont des actifs importants avant de se marier.

3. Répartition des Biens en Cas de Divorce : En l'absence d'un contrat de mariage, les biens acquis pendant le mariage sont généralement considérés comme des biens communs. Un contrat peut spécifier comment les biens seront répartis en cas de divorce.

4. Gestion des Dettes : Un contrat de mariage peut définir comment les dettes contractées par un conjoint avant ou pendant le mariage seront gérées.

**5. Héritage et Succession :** Le contrat de mariage peut influencer la manière dont les biens sont transmis en cas de décès d'un conjoint, en particulier s'il y a des héritiers d'une précédente relation.

6. Éléments à Inclure : Un contrat de mariage peut inclure des dispositions sur la propriété de la maison, les comptes bancaires, les investissements et même les questions telles que la garde des enfants.

7. Négociation et Transparence : La création d'un contrat de mariage nécessite une communication ouverte et honnête entre les conjoints. C'est une opportunité de discuter de vos valeurs, de vos attentes et de vos plans financiers.

Il est important de se rappeler que les contrats de mariage sont des documents juridiques sérieux et que leur rédaction nécessite une attention particulière. En cas de doute, consulter un avocat spécialisé en droit de la famille peut être une étape judicieuse pour s'assurer que vos intérêts sont protégés.
En somme, comprendre les implications légales des contrats de mariage est essentiel pour garantir une base solide pour votre relation. Avant de dire "oui", prenez le temps de discuter et de comprendre les détails légaux pour vous assurer que votre mariage démarre sur de bonnes bases.

Bureau des justiciables

09/09/2023
LA CITATION DIRECTE CE QU’IL FAUT SAVOIRLa saisine d’une juridiction pour une infraction pénale se fait généralement par...
24/03/2023

LA CITATION DIRECTE

CE QU’IL FAUT SAVOIR

La saisine d’une juridiction pour une infraction pénale se fait généralement par le dépôt d’une plainte (simple ou avec constitution de partie civile). Ces voies de recours nécessitent souvent une phase d’enquête ou d’information judiciaire permettant de réunir les éléments de preuves utiles à la manifestation de la vérité. Cependant, on est en droit de se demander si au cas où l’on aurait assez d’information ou d’élément de preuve, on pourrait éventuellement saisir directement le tribunal et espérer un jugement rapide de l’auteur ?

C’est à cette interrogation que nous donnerons suite en abordant la notion de citation directe.

LA CITATION DIRECTE COMME UNE VOIE DIRECTE DE SAISINE DES TRIBUNAUX

Définie par le lexique des termes juridique comme l’ « acte de procédure par lequel le ministère public ou la victime saisit directement la juridiction de jugement en informant le prévenu des coordonnées de l’audience », la citation directe permet de bruler l’étape des enquêtes et d’aller très vite dans le règlement du litige – ceci, lorsqu’il y a des éléments de preuve suffisante.

Toutefois, elle n’est possible que dans certaines infractions.

L’ÉTENDUE DE LA CITATION DIRECTE

Dans la mesure où l’information judiciaire n’est pas obligatoire en cas de contravention et de délit, la victime de ces types d’infraction peut, en toute aisance et par citation directe, saisir le tribunal. Néanmoins, elle a l’obligation de s’assurer de ce qu’elle dispose de preuves qui soient de nature à rendre presque inutile la phase de l’information judiciaire.

Autrement dit, la citation directe n’est possible qu’en cas de contravention ou de délit.

L’INTERVENTION D’UN HUISSIER DE JUSTICE

Dans cette procédure, il est impératif pour la victime de recourir aux services d’un huissier de justice, conformément à l’article 538 de la loi n° 2012-15 portant code de procédure pénale en RB qui dispose que : « Les citations et significations, sauf dispositions contraires des lois et règlements, sont faites par exploit d’huissier de justice ».

En effet, ce professionnel du droit est tenu de délivrer une citation à comparaitre à l’auteur des faits dans les délais mentionnés à l’article 541 de la même loi.

LA PORTÉE DE LA CITATION DIRECTE

Comme toute autre procédure, la citation directe permet à la victime de demander que justice lui soit faite.

À ce titre, l’auteur de l’infraction se verra condamné (si telle est la décision du tribunal) et la victime indemnisée.

Toutefois, en cas de citation directe abusive, la victime peut se voir condamnée à payer des amendes.

   Au nom du Peuple, la justice est rendue ! Cette affirmation s’imposant comme une lapalissade dans un Etat démocratiqu...
28/02/2023



Au nom du Peuple, la justice est rendue ! Cette affirmation s’imposant comme une lapalissade dans un Etat démocratique, se trouve présentement très contestée au Sénégal. Une observation des actes d’autorité émanant de l’appareil judiciaire sénégalais (procureurs, juges d’instruction…) autorise à s’interroger sur la conscience des magistrats sénégalais d’être des auxiliaires de la Loi et, par voie de conséquence, du Peuple seul souverain. Les rapports de la magistrature à la chose politique (droit constitutionnel, droit électoral, droit pénal…) défient actuellement les règles les plus banales de la grammaire juridique. L’hyper-judiciarisation de l’espace politique restera un des héritages les plus marquants de la présidence de Macky Sall. Conseil constitutionnel, Cour suprême, procureurs… ont fortement contribué, cette dernière décennie, à dégrader l’image de la justice dans l’imaginaire des Sénégalais. L’existence d’un Pouvoir judiciaire au Sénégal malgré son inscription constitutionnelle, déjà très contestable du point de vue de la théorie juridique, l’est aujourd’hui davantage sous l’angle de sa prégnance sociologique. L’histoire de la magistrature sénégalaise révèle que cette dernière est plus un appareil au service du Pouvoir politique qu’une institution dévouée à sa société. La banalisation du phénomène carcéral par le Parquet est suffisamment illustrative aujourd’hui du grossissement de l’Etat-policier. Lorsqu’un emoji ou une dérision (Ousmane Diagne), une sensibilisation des populations pour une inscription sur les listes électorales (militants PASTEF de Diourbel), une mobilisation de fonds via une plateforme électronique (Hannibal Djim), l’expression d’une hypothèse de meurtre commis sur une personne appartenant aux forces de défense et de sécurité (Fadilou Keïta)… peuvent valoir à leurs auteurs un emprisonnement préventif requis par des procureurs, l’appareil judiciaire se mue en une technologie de contrôle des corps. L’ignorance des travaux de Foucault (Surveiller et punir. Naissance de la prison) par les « parquetiers » est une certitude au Sénégal. Le recours routinier au carcéral contribue à sa démythification chez les personnes détenues. La prison remplace les supplices dans l’Europe féodale, et ce, pour perpétuer cette volonté du Souverain politique de tracer et de saisir les corps des sujets. Sa fonction dissuasive n’a jamais été attestée sans controverses par la science criminelle. L’usage abusif du carcéral à des fins politiciennes a fini même de faire de la prison, dans le nouvel imaginaire de la jeunesse sénégalaise, un symbole de civisme ou de patriotisme. La sur-mobilisation du phénomène répressif dans l’espace social conduit inéluctablement la magistrature dans une perspective d’instrumentalisation. Seuls les procureurs au Sénégal ignorent que la prison n’intimide plus les populations œuvrant dans des chantiers politiques. Dans les représentations sociales, la prison n’est plus un lieu exclusivement occupé par les déviants ; elle se transforme progressivement en un espace aussi pour de dignes personnes ayant pour seul tort de se mobiliser pour la justice sociale dans notre pays.
Les érudits en sciences juridiques savent pertinemment que l’Institution en Droit procède du mythe. Son discours est de l’ordre du symbolique. Une loi, quelle que puisse être son autorité en elle-même, ne génère pas une Institution juridique. La Justice, dans sa revendication d’une nature institutionnelle, n’est jamais une ontologie. La toge du magistrat, la balance, Thémis, le gavel, la surélévation des bâtiments abritant les lieux de justice… ne sont que des rites et symboles incapables à eux-seuls d’installer chez les citoyens la croyance de l’existence d’une Institution judiciaire. La magistrature ne devient Institution que lorsque les justiciables sont convaincus que leur devenir, en tant que société humaine, ne saurait se réaliser sans l’entremise d’organes judiciaires. Il serait très difficile de convaincre les Sénégalais de l’existence de fonctions anthropologiques dans les dynamiques contemporaines de la magistrature.
L’actuel « contentieux de diffamation » opposant M. Mame Mbaye Niang à M. Ousmane Sonko est topique des dérives de l’appareil judiciaire. La diffamation se rangeant traditionnellement dans la catégorie des délits privés, il est quasi impossible de constater l’immixtion du parquet dans ce type de contentieux par un alourdissement des charges (injures publiques, faux et usage de faux). Parce qu’elle porte atteinte à l’honorabilité d’une personne, la diffamation intéresse très peu l’intérêt général qu’un procureur est censé défendre. En validant le postulat selon lequel l’ancien Procureur de la République, en s’introduisant dans ce contentieux purement privé opposant ces deux acteurs politiques, n’a le souci que la défense de l’intérêt de la collectivité, en toute humilité, les auteurs de cette tribune invitent son successeur à s’imprégner des nouvelles tendances de la jurisprudence française en matière de diffamation (Cour de cassation française, 11 mai 2022 et Cour de cassation 24 janvier 2023). Aujourd’hui, les juges français soucieux de pérenniser l’Etat de droit et la justice sociale sont plus enclins à présumer la bonne foi du prévenu lorsque la diffamation repose sur une « base factuelle suffisante » et porte sur un « débat d’intérêt général ». Ces deux critères s’observent aisément dans ledit contentieux. D’abord, les propos de M. Sonko reposent sur une base factuelle suffisante en ce que l’actuel Premier ministre M. Amadou Ba a évoqué sur un plateau de télévision l’existence supposée d’un tel rapport ou pré-rapport PRODAC. En sus de l’évocation dudit document administratif par M. Amadou Ba, M. Birahim Seck du Forum Civil a été l’auteur d’un ouvrage édité chez l’Harmattan mettant en cause directement la gestion problématique de M. Mame Mbaye Niang. Eu égard à ce premier critère relatif à l’existence d’une base factuelle suffisante, la deuxième exigence formulée par la jurisprudence française ayant trait à un débat d’intérêt général objet de la diffamation se constate aussi dans l’affaire opposant M. Mame Mbaye Niang à M. Ousmane Sonko. Ce prétendu contentieux portant sur un éventuel détournement de deniers publics a, par essence, une nature d’intérêt général. La tradition prédatrice des hommes politiques africains sur les deniers publics, dans un contexte où la bonne gouvernance économique est inscrite dans l’agenda républicain, incline tout magistrat sérieux à admettre la nature de débat d’intérêt général dudit contentieux. Même un analphabète en économie publique sait pertinemment qu’un contentieux de détournement de deniers publics portant sur une somme de vingt-neuf (29) milliards de francs CFA dans un pays très pauvre comme le Sénégal constitue naturellement un débat d’intérêt général. Et dans une telle perspective, quelle que puisse être la protection prétendue de l’honorabilité d’un homme politique, elle n’a pas plus de dignité que l’exigence d’ouvrir une enquête sérieuse par le Procureur sur l’existence éventuelle d’un détournement portant sur une telle somme d’argent dont la seule évocation dans un pays très démuni économiquement défie tout immobilisme d’une magistrature soucieuse de justice sociale.
En se fondant sur l’argumentaire développé ci-dessus, M. Ousmane Sonko devrait bénéficier d’une présomption de bonne foi dans cette affaire aux atours très politiques.
L’obligation de réserve, souvent prétextée, n’exonère nullement les magistrats de réfléchir consciencieusement aux causes de la crise du pouvoir judiciaire et la défiance des justiciables à son encontre. Dans son expression sénégalaise, l’obligation de réserve est devenue un instrument fécond de consolidation d’un corporatisme primaire insupportable dirigé contre le Peuple. La disgrâce de la magistrature frappera assurément de ses conséquences les hommes politiques et les magistrats à leur service mais certainement aussi les « braves et honnêtes » juges coupables de leur mutisme. Le silence des « braves et honnêtes juges » fait autant de mal à la magistrature que l’incurie des saltimbanques du corps. Et quand les dernières délibérations du Conseil supérieur de la magistrature aussi soupçonneuses que burlesques viennent accréditer au Sénégal l’idée de juges du gouvernement lorsque l’on s’inquiète ailleurs d’un gouvernement des juges, le silence des « braves et honnêtes juges » insonorise le vacarme des préteurs politiciens.
Abdoul Aziz DIOUF, Professeur titulaire, agrégé des Facultés de droit (Droit privé et sciences criminelles)
El Hadji Samba NDIAYE, Professeur assimilé, agrégé des Facultés de droit (Droit privé et sciences criminelles)
Sidy Alpha NDIAYE, Professeur assimilé, agrégé des Facultés de droit (Droit public)
Babacar NIANG, Professeur assimilé, agrégé des Facultés de droit (Droit privé et sciences criminelles)

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