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DE NOS JOURS, L'HABIT FAIT SOUVENT LE MOINE!Hééé Douala ! Tu peux faire ça à l'enfant des gengs?En 2004, fraîchement ren...
26/08/2024

DE NOS JOURS, L'HABIT FAIT SOUVENT LE MOINE!

Hééé Douala ! Tu peux faire ça à l'enfant des gengs?

En 2004, fraîchement rentré au Tchad après ma formation dans les opérations pétrolières aux USA, on m’envoie au Cameroun pour un stage de 3 mois. L’objectif : faire connaissance avec les collègues camerounais et me familiariser avec les équipements dans les différentes stations de pompage du pipeline Tchad/Cameroun.

C’est ainsi que par un bel après-midi ensoleillé, je foule pour la première fois le sol de Douala, cette ville dont on m’avait tant parlé. Après avoir rempli les formalités administratives au siège de la société situé à Bonanjo, un chauffeur me conduit jusqu'à un appartement situé dans le quartier résidentiel de Bonapriso.

Ayant quitté la maison très tôt pour prendre mon vol, je n'avais rien mangé depuis mon départ le matin. Aussi, dès mon arrivée à l'appartement, je me hâte d’aller prendre une do**he pour ensuite aller chercher à manger dans un restaurant voisin que j'avais repéré en arrivant.

Après m’être rapidement rafraichi, j'enfile un pantalon de jogging et un tee-shirt, puis je descends pour informer les gardiens que je me rends au restaurant voisin pour manger. Ils m'ouvrent le portail en me souhaitant bon appétit.

En entrant dans le restaurant, je remarque quelques employés en train de disposer les chaises et les tables, préparant l'endroit pour le service. L'un d'eux s'approche de moi et m'informe que le restaurant n'est pas encore prêt à accueillir les clients, me demandant de revenir dans environ 30 minutes.

Bien que la faim se fasse sentir, je me raisonne en me disant que si j'ai pu tenir 10 heures sans manger depuis le matin, 30 minutes de plus ne me feront pas de mal. Pour passer le temps, je décide de marcher un peu, me dirigeant vers l'intersection toute proche, afin de patienter en attendant que le restaurant soit prêt.

Après quelques minutes passées à observer la circulation, je reprends le chemin du restaurant, déjà en train de réfléchir à ce que j’allais commander pour apaiser ma faim. Je me dis que je vais jouer la sécurité et choisir quelque chose que je connais déjà, pour éviter la mésaventure que j’avais eue lors de ma première traversée du Nigeria en 1998.

Alors que je me trouve à une dizaine de mètres du restaurant, deux gaillards m’interpellent et me demandent de présenter mes pièces d’identité. En bon étudiant fraîchement revenu de chez l’Oncle Sam, je leur demande d’abord de décliner leur identité.

Éberlués mais consciencieux, ils s’exécutent et me montrent leurs badges, sur lesquels je lis quelque chose comme "service de la criminalité". Rassuré qu’il s’agit bien de policiers en civil, je plonge la main dans ma poche et me rends compte que dans ma précipitation, je n’avais pris que de l’argent.

Après avoir été si exigeant, je ne sais pas par où commencer pour leur expliquer que je n’ai pas mes papiers sur moi. J’essaie de leur faire comprendre que je suis un étranger, fraîchement arrivé cet après-midi à Douala, et que j’habite dans la villa juste à côté. Je leur propose même d’aller chercher mes papiers si nécessaire.

Ils jettent un coup d’œil à la villa que j’ai indiquée, puis me regardent à nouveau, dubitatifs. Visiblement, je ne ressemble pas du tout à quelqu’un qui habiterait dans cette villa.

Ils me demandent alors : "Que faisiez-vous dans ce restaurant tout à l’heure ?". Je leur réponds que, logeant juste à côté, je m’y étais rendu pour commander à manger, mais qu’on m’avait demandé de patienter 30 minutes.

Ils me disent que je mens, et l’un d’eux sort des menottes, m’informant qu’ils vont m’amener au poste pour éclaircir cette histoire. Il était presque 18h, je ne savais pas où ils allaient m’emmener, alors j’ai refusé qu’ils me passent les menottes.
Je leur propose alors d’aller vérifier avec les gardiens de la villa si je ne loge pas bien là. Si je mens, j’accepterai de les suivre sans protester.

Comme quelques curieux commençaient à s’intéresser à notre échange, les policiers se résignent à m’accompagner jusqu’au portail. Je sonne, et un gardien ouvre la porte. Les policiers se présentent et demandent au gardien s’il me connaît.

Le gardien me dévisage avec mépris et demande aux policiers s’ils ont bien regardé la maison devant laquelle ils se trouvent pour poser une telle question. Il appelle même son collègue pour confirmer qu’un énergumène comme moi ne pourrait même pas être nettoyeur dans cette villa.

À ma grande consternation, les gardiens qui m’avaient accueilli une heure plus tôt avaient fini leur service, remplacés par un autre groupe. Je demande aux nouveaux gardiens de consulter la main courante, mais ils refusent, demandant aux policiers de me dégager du portail car "cet endroit est fait pour les grands, pas pour des criminels comme moi".

Alors que les policiers, confortés dans leur idée que je mentais, me passent les menottes et s’apprêtent à m’amener, je tente un dernier coup de survie et lance aux gardiens : "Appelez à la radio Charlie Base et demandez s’il n’y a pas un étranger arrivé cet après-midi du Tchad. Si vous ne le faites pas et qu’il m’arrive quelque chose, vous en serez tenus pour responsables !"

À l’entente du nom "Charlie Base" et sous l’effet de ma menace, les policiers demandent aux gardiens de vérifier à la radio. C’est ainsi qu’avec un immense soulagement, j’entends la réponse de Charlie Base, résonnant encore dans mes oreilles aujourd’hui : "Oui, il y a un expert du pipeline arrivé cet après-midi du Tchad, qui loge dans votre appartement. Une voiture viendra le chercher demain matin pour le conduire à Kribi."

Avant même que le message ne soit entièrement transmis, les policiers, visiblement embarrassés, se hâtent de m'enlever les menottes tout en présentant des excuses. Quant aux gardiens, pris de panique, ils se jettent presque à mes pieds pour implorer mon pardon, oubliant même de répondre à Charlie Base qui attendait confirmation que tout allait bien.

Les policiers m'expliquent alors que, quelques mois plus tôt, le restaurant avait été le théâtre d'un braquage tragique, au cours duquel deux employés avaient perdu la vie et une somme importante avait été dérobée. Depuis cet incident, une équipe de surveillance est constamment présente dans le quartier. Ils me conseillent de ne plus sortir sans mes papiers et de songer à couper mes cheveux si je compte rester à Douala, car la mode y est plutôt aux coupes très courtes.

Ce soir-là, je me suis couché sans manger, la faim ayant complètement disparu à l’instant où l’on m’avait passé les menottes. Le lendemain, je me suis rattrapé à Edéa, en route vers Kribi, en savourant du bon maquereau braisé avec des bâtons.

Cette première visite à Douala m’a appris une leçon précieuse que j’allais confirmer tout au long de ma vie : même s’il est dit que l’habit ne fait pas le moine, il faut admettre que sans habit, un moine ne sera jamais reconnu comme tel.

Qu'est-ce que tu peux tirer de cette histoire ?

Toi qui te cherches encore ; Toi dont le nom n'est pas encore une marque déposée ; Toi qui n'as pas hérité d'un nom ; Toi qui passes même inaperçu sous les feux d’un projecteur ;

Oui, toi. Écoute bien ceci :

Donne-toi d’abord de la valeur pour que les autres te valorisent ;

Habille-toi et comporte-toi selon les circonstances et les milieux que tu fréquentes ;

Apprends à t’adapter aux règles, coutumes et conditions de ton environnement.

Et même s’il est dit que l’humilité précède la gloire, pense à cette expression : "Fake it until you make it !"

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Je suis Mao. Humain, ingénieur et coach.
J'aide les jeunes africains à changer leurs pensées en partageant avec eux mes recherches, réflexions et expériences pour améliorer les conditions de vie dans leurs communautés.

L'ÂGE N'EST EN RÉALITÉ QU'UN CHIFFREEn juin 2008, j'ai eu l'opportunité d'accompagner mon chef à Douala, au Cameroun, po...
22/08/2024

L'ÂGE N'EST EN RÉALITÉ QU'UN CHIFFRE

En juin 2008, j'ai eu l'opportunité d'accompagner mon chef à Douala, au Cameroun, pour une mission importante : présenter au Directeur Général de notre société, basé sur place, mon projet de tournoi de football. Ce tournoi avait pour objectif de renforcer les liens et favoriser les échanges entre les employés impliqués dans le projet de pipeline Tchad/Cameroun, en créant un esprit de camaraderie et de coopération au-delà des frontières.

Dès notre arrivée, notre responsable a organisé un barbecue en notre honneur, une occasion de faire connaissance avec les personnes que nous allions rencontrer pendant notre séjour dans la capitale économique camerounaise. L'ambiance était détendue, et mon chef ne s'est pas privé de vanter mes talents de footballeur, proclamant à qui voulait l'entendre que j'étais le capitaine de l'équipe tchadienne qui allait bientôt venir apprendre à jouer à nos collègues camerounais.

Notre responsable, visiblement séduit par ces éloges, m'a alors proposé de les rejoindre pour un jogging le lendemain matin à 5h30, avant de commencer la journée au bureau. Confiant et habitué à ce genre d'exercice, j'ai accepté avec enthousiasme, surtout qu'il avait déjà la cinquantaine, alors que moi, je naviguais encore tranquillement dans la trentaine. S'il voulait tester les dires de mon chef, il allait être servi.

Le lendemain matin, malgré la fatigue accumulée du voyage et la soirée qui s'était terminée t**d, je me suis péniblement extirpé du lit à 5 heures. À ma grande satisfaction, une pluie battante tambourinait contre les fenêtres, me donnant l'espoir de pouvoir me rendormir jusqu'à 6h30.
Malgré tout, j'ai enfilé à la hâte un short, un tee-shirt, et j'ai attrapé mes chaussures de sport pour descendre au rez-de-chaussée. Mon intention était simple : me montrer aux gardiens pour prouver que j'étais prêt à courir, mais que c’était la pluie qui ne le permettait pas.

À ma grande surprise, j'ai trouvé notre responsable et un autre collègue déjà en tenue de sport, prêts à partir. Avec un sourire forcé, je me suis résigné à les suivre sous la pluie, parcourant les rues de Bonapriso. Malgré l'averse, la ville s'éveillait déjà, animée par les taxis, les motos et les piétons.

Notre responsable m'a expliqué que le parcours consistait à faire plusieurs tours autour du quartier, chaque boucle nous ramenant devant notre villa. Convaincu que la pluie écourterait l'exercice à deux ou trois tours, je m'imaginais déjà en train de savourer un bon petit-déjeuner chaud.
Mais j'étais loin de la vérité. Nous avions déjà enchaîné dix tours, et à chaque passage devant la villa, j'espérais les voir ralentir et bifurquer vers l'entrée. Mais rien n'y faisait.

Au quinzième tour, malgré l'appel irrésistible du petit-déjeuner, mes poumons étaient sur le point de rendre l'âme. Pourtant, les éloges de la veille résonnaient encore dans ma tête, m'empêchant d'abandonner. Après tout ce que mon chef avait dit, il était hors de question de le décevoir à cause de simples poumons fatigués...

Poussé par l'orgueil, j'ai continué à suivre ce rythme infernal. J'avais perdu le compte des tours, et la pluie tombait toujours sans répit. Alors que nous approchions une nouvelle fois de notre portail, mes jambes et mes poumons étaient à bout. Désespéré, j'ai alors prié Dieu, lui rappelant que j'avais deux enfants au pays, et lui ai promis de prier chaque jour et de revoir sérieusement ma vie s'il me tirait de cette épreuve.

Dieu existe vraiment, car au moment où mes poumons allaient céder, notre chef s'est arrêté et a dit : "Mao, je n'en peux plus. Si tu veux continuer, fais-le sans nous." Quel soulagement ! Je me suis immédiatement arrêté, et avant même que les deux autres ne soient entrés dans la cour, je me suis effondré devant le portail, à bout de souffle. Un des gardiens m'a lancé : "Mon grand, c'était intense hein, votre course !" Tout haletant, je l'ai simplement regardé. "Intense" était un mot vraiment faible pour la circonstance walaye...

Plus t**d dans la matinée, nous nous sommes rendus au bureau pour présenter le projet de tournoi de football. Notre responsable, encore sous l'effet de l'effort matinal, affichait un large sourire. Dès que nous avons pris place, il s'est tourné vers mon chef et a lancé, avec une pointe d'admiration dans la voix : "Je confirme, Mao est un dur à cuire, il nous a presque tués ce matin !" Si seulement il avait su à quel point il s'était approché d'un homicide involontaire !À ce moment-là, je me suis retenu de rire, sachant que mes poumons avaient été à deux doigts de rendre l'âme...

Quoi qu'il en soit, notre responsable était tellement satisfait qu'il a validé sans hésitation toutes mes propositions pour le tournoi de football. Pendant le vol de retour, j'ai raconté à mon chef à quel point ses éloges avaient bien failli me coûter la vie ce matin-là. Cela l'a fait tellement rire.
Pourtant, j'ai réussi à lui arracher une promesse : la prochaine fois, il y réfléchirait à deux fois avant de faire un marketing aussi risqué à mes dépens.

Cette course à Douala m'a tellement traumatisé que, même aujourd'hui, dès que je m'approche de ce fameux rond-point à Bonapriso, mes poumons se mettent en grève anticipée. Parfois, lorsque je suis en moto, je demande au conducteur de prendre un détour, même si cela coûte un peu plus cher. Le pauvre gars ne comprend pas que ce n'est pas le rond-point que j'évite, mais bien mon "cimetière manqué" que je contourne soigneusement...

Cette expérience m'a appris que, quel que soit notre âge, c'est une bonne hygiène de vie et la pratique régulière du sport qui maintiennent le corps en pleine forme.
Alors que je me contentais de deux entraînements de football par semaine, j'ai été complètement dépassé par deux quinquagénaires, simplement parce qu'ils couraient au moins quatre fois par semaine avant de commencer leur journée de travail.

Et toi, quel âge te donnes-tu vraiment ?

Penses-tu être trop vieux ou trop jeune, simplement parce qu'on te le répète souvent?

Es-tu comme ces jeunes de 30 ans qui, dès qu'ils ont une petite situation, mènent une vie si sédentaire qu'ils ressemblent déjà à des papys ou des mamys de 70 ans ?

Ou bien fais-tu partie de ceux qui, malgré leurs nombreuses responsabilités, continuent de pratiquer un sport qui leur convient, rayonnant de joie de vivre et semblant encore dans la fleur de l'âge ?

Le choix t'appartient. Fais-le et vis ta vie aussi longtemps et aussi bien que tu le souhaites !

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Je suis Mao. Humain, ingénieur et coach.
J'aide les jeunes africains à changer leurs pensées en partageant avec eux mes recherches, réflexions et expériences pour améliorer les conditions de vie dans leurs communautés.

QU'EST-CE QUI EST VRAIMENT IMPORTANT POUR TOI ?23 décembre 1994.En ce début d'après-midi, je me tiens à la barrière de p...
16/08/2024

QU'EST-CE QUI EST VRAIMENT IMPORTANT POUR TOI ?

23 décembre 1994.
En ce début d'après-midi, je me tiens à la barrière de police du quartier Banda, guettant une occasion d'auto-stop sur la route principale reliant Sarh à Koumra, à une centaine de kilomètres à l'ouest. Bien qu’ayant été libéré de l'internat du CCL quelques jours plus tôt pour les congés de fin d'année, j'avais décidé de rester un peu plus longtemps en ville, histoire de savourer cette liberté provisoire.

Après tout, les vacances duraient deux semaines, et je ne ressentais aucune urgence à rentrer à Moundou. Ce qui comptait vraiment pour moi, c'étaient les réveillons du 24 et du 31 décembre.

Ce n'est qu'aux alentours de 14 heures que j'ai trouvé un vieux camion en partance pour Koumra. Accompagné d'un camarade du collège également en route pour cette ville, nous avons pris place sur les bagages à l'arrière, en compagnie de l'apprenti-chauffeur. L'apprenti, incommodé par l'odeur de nos ci******es, nous a relégués à l'arrière du véhicule, tandis que lui et les autres passagers s'installaient à l'avant, au-dessus de la cabine du chauffeur.

Ironiquement, cette décision s'est avérée plutôt bénéfique pour nous. Le voyage de sept heures nous a semblé étonnamment court, tant nous étions à l'aise dans notre petit coin, armés de suffisamment de ci******es et de boîtes d'allumettes pour tenir la distance. Les cabarets de bili-bili, cette bière locale, parsemaient la route près des nombreuses barrières de contrôle, nous offrant des arrêts bienvenus. Et pour couronner le tout, nous avons découvert que les sacs de jute sur lesquels nous étions assis contenaient du poisson séché. Grâce à la bonne bili-bili, notre barbecue improvisé descendait correctement, et nous avons «géré » un demi-sac de poisson avant d'atteindre Koumra vers 21 heures.

À peine arrivés, nous avons rapidement disparu dans les rues de la ville, et j’ai dit aurevoir à mon camarade pour aller vers la grande route chercher un autre moyen de transport en direction de Doba, la prochaine étape de mon périple vers Moundou. Avec un peu de chance, j'ai trouvé un autre camion et nous sommes arrivés à Doba vers six heures du matin.

Dès mon arrivée, je me suis rendu à la foire pour trouver un véhicule partant pour Moundou. C'est là que je suis tombé sur des camarades du CCL habitant Doba, rentrés quelques jours plus tôt. Ils m'ont persuadé de rester un moment pour "travailler" le "bodo", une autre variété de bière locale. Ce n'est que vers 10 heures que j'ai finalement repris la route.

À 13 heures, nous sommes arrivés à Bebedja. Le chauffeur, qui n'avait pas complètement rempli sa camionnette au départ de Doba, a décidé de faire une escale au marché pour embarquer plus de passagers. J'en ai profité pour refaire le plein de bili-bili, surtout que les arrêts avaient été rares depuis notre départ.

À 15 heures, toujours aucun signe de départ. Je suis allé voir le chauffeur, qui prenait tranquillement le thé, et lui ai demandé à quelle heure nous allions repartir. Il m'a répondu qu'il cherchait encore des passagers et que nous partirions bientôt.

Content d'avoir encore du temps à tuer, je suis retourné voir mes nouveaux compagnons de boisson pour savourer la délicieuse bili-bili de la belle vendeuse qui me faisait les yeux doux. J'étais vraiment tenté de rester célébrer le réveillon à Bebedja, mais j'avais aussi ce rendez-vous tant attendu avec mes amis à Moundou.

Vers 17 heures, voyant que la situation n'évoluait pas, je suis retourné voir le chauffeur. Il m'a alors lancé, avec une pointe d'agacement, que je n'étais pas le seul passager et que je devrais aller cuver ma bière ailleurs. Quelle ingratitude ! Non seulement j'avais patiemment attendu pendant quatre heures, mais il osait critiquer la bili-bili sans même y avoir goûté ! C'était trop.

Pris d'une impulsion, j'ai insisté pour qu'il me rende mon argent afin que je puisse chercher une autre occasion de continuer mon voyage. Agacé, le chauffeur a sorti un couteau et m'a menacé de partir, sinon il m'apprendrait à me comporter. C'était l'erreur à ne pas commettre avec moi : en réponse, j'ai sorti mes trois couteaux soigneusement dissimulés et, encouragé par la dose de bili-bili, j'ai foncé sur lui.

Heureusement pour nous deux, les autres passagers et les passants qui s'étaient approchés pendant nos échanges se sont interposés et ont arraché nos couteaux avant que les choses ne dégénèrent. Je fus ramené au cabaret, où les sourires de la vendeuse et les encouragements de mes compagnons de boisson m'ont rapidement fait oublier l’incident.

Mais plus t**d, alors que des enfants passaient devant le cabaret en chantant des chants de Noël, je me suis rappelé pourquoi j'étais là. Je suis sorti précipitamment, seulement pour découvrir que la camionnette avait disparu. La nuit était déjà tombée, et tout le monde rentrait chez soi pour se préparer à la fête. J'ai récupéré mon sac et le reste de mon argent que le chauffeur avait laissé. Apparemment, il avait déclaré qu'il ne souhaitait pas continuer la route avec un "criminel" à bord.

Il était déjà 18 heures, l'heure à laquelle je devais retrouver mes amis à Moundou, et moi, j'étais encore à Bebedja, à quatre heures de route de là. Toute la bili-bili que j'avais prise au cours de la journée n'avait plus aucun effet sur moi. Mon seul objectif était d'arriver à Moundou pour les célébrations. Finalement, à 19 heures, j'ai trouvé un véhicule en direction de Moundou, et à 22 heures, j'étais enfin en ville.

Après quelques salutations à la famille, j'ai demandé qu'on me prépare de l'eau chaude pour prendre une do**he. Fatigué mais excité à l'idée de la soirée à venir, je suis allé dans la chambre pour me changer avant de me laver. J'ai soigneusement sorti mon nouveau pantalon Jeans Levis, mon tee-shirt avec l'effigie de Bob Marley, et mes chaussures colorées, les posant à côté de moi sur le lit en attendant qu'on m'informe que l'eau était prête.

Quand je me suis levé pour aller me laver, à ma grande surprise, il faisait déjà jour ! J'ai immédiatement regardé ma montre posée à côté des habits soigneusement préparés : il était 7h30. Furieux, je suis sorti de la chambre, pour découvrir presque toute la famille rassemblée dans la cour, m'accueillant avec des "Joyeux Noël ! Joyeux Noël !". Ignorant cela, je me suis dirigé droit vers ma grand-mère et lui ai dit : "Comment avez-vous pu me faire ça ?"

La grand-mère me demanda de me calmer et de m'asseoir, mais je n'en avais que faire. Elle tenta de m'expliquer que lorsque mes cousins étaient venus pour me réveiller, ils m'avaient trouvé en train de ronfler, et c'est elle qui les avait empêchés de me déranger, jugeant que j'étais visiblement épuisé et que j'avais besoin de repos. Je lui ai alors crié, fou de rage: « Kaga (grand-mère en notre langue), tu m'as tué, tu m'as vraiment tué ! Quelle fatigue ? J'ai quitté Sarh pour venir célébrer le 24 décembre avec mes amis, et voilà ce qui m'arrive ! »

Ce jour-là, je me suis enfermé dans la chambre, refusant de manger ou de parler à quiconque. Même ma copine, qui m'avait attendu en vain et était venue à la maison le matin, n'a pas réussi à me consoler. Je ne pouvais tout simplement pas croire que moi, Malcolm, j'avais manqué la célébration du 24 décembre, une fête programmée et préparée depuis presque un an ! C'était inimaginable.

L'après-midi, vers 16 heures, sous les supplications de ma copine, épuisée de me voir avec les yeux rouges et le visage fermé, je me suis finalement résolu à sortir et à m'asseoir devant la maison avec un cousin qui vendait des articles. Mes amis, qui ne m'avaient pas vu la veille au réveillon du 24, sont également venus à la maison et ont tenté de me convaincre de les accompagner pour continuer les célébrations du 25 décembre. Mais j'ai refusé catégoriquement. À quoi bon célébrer le 25 décembre si on avait raté le réveillon du 24 ?

Ainsi, pour la première fois de ma vie d'adolescent, je me suis retrouvé assis devant la maison à Moundou, observant les gens passer dans la rue pour célébrer Noël. Ce soir-là, en compagnie de ma copine et de mon cousin, nous sommes restés dehors très t**d dans la nuit, simplement à regarder les gens partir et revenir de la fête, les uns plus ivres que les autres.

Le lendemain, le 26 décembre, je me suis réveillé et j'ai réalisé que je n'étais pas mort. Non, je n'avais pas célébré le réveillon du 24 décembre, ni la journée de rattrapage du 25, mais j'étais bel et bien en vie ! Oui, on pouvait passer à côté de ces deux journées et continuer à vivre !

Et dire que j'ai failli mourir ou commettre l'irréparable, tout cela simplement parce que je tenais à tout prix à être présent pour le réveillon, à ne pas manquer ces retrouvailles avec mes amis que j'attendais depuis si longtemps. Cette obsession m'a poussé à prendre des risques insensés, oubliant ce qui était vraiment en jeu : la valeur de la vie elle-même.

Cette nouvelle compréhension de l'importance des choses m'a conduit à passer le réveillon du 31 décembre à la maison avec mes grands-parents. Le jour du nouvel an 1995, je suis simplement sorti l'après-midi avec ma copine pour prendre un verre avant de rentrer tôt.

Cette prise de conscience a changé ma perception de beaucoup de choses. J'ai commencé à passer plus de temps en famille, à apprécier les moments simples, à visiter des proches que je n'avais pas vus depuis longtemps.

ET TOI, QU"EST CE QUI EST VRAIMENT IMPORTANT POUR TOI?

Qu'est-ce que tu considères comme important en ce moment, mais qui, après réflexion, ne l'est peut-être pas tant que ça ?

As-tu pris le temps d'évaluer si ce à quoi tu consacres tant d'énergie, de temps, ou d'argent, en vaut vraiment la peine ?

Est-ce important pour toi, ou pour les autres ?

Crois-tu vraiment que ce que tu penses que les autres ont ou la vie que tu penses que les autres vivent est ce qui est mieux pour toi ?

Arrête de comparer ta vie a celle des autres et commences a apprécier la vie que tu mènes.

Tu ne le sais peut-être pas, mais il y’a beaucoup de personnes dans le monde qui aimeraient être a ta place, qui aimeraient avoir ce que tu as et que tu négliges.

Je ne sais pas ce que tu vis en ce moment et je ne connais pas tes douleurs ni tes joies, mais je te dis ceci :

Prends un peu de temps et réfléchis à ce que TOI tu veux pour TOI.

Trouve ce qui est vraiment important pour TON bonheur à TOI, et fais le pour TOI !

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MÊME LES IMBÉCILES CHANGENT QUAND ILS LE DÉCIDENT !Il y a quelques jours, j'ai eu une conversation avec un ami, un ancie...
12/08/2024

MÊME LES IMBÉCILES CHANGENT QUAND ILS LE DÉCIDENT !

Il y a quelques jours, j'ai eu une conversation avec un ami, un ancien camarade de classe du secondaire, qui m'a rappelé de bons vieux souvenirs du Collège Charles Lwanga (CCL) à Sarh, au sud-est du Tchad.

Je me souviens encore de cette unique année scolaire passée à l'internat comme si c'était hier, tant elle m'a marqué à jamais. Mon camarade m'a justement rappelé tous les billets de colle (ces fameux papiers qui interdisaient les sorties) que j'avais accumulés durant cette seule année scolaire : un record qui tient encore 30 ans après !

J'accumulais tellement de fautes que les seules interdictions de sortie du jeudi après-midi ne suffisaient plus à éponger tous mes billets de colle. Même les dimanches, je devais retourner directement à l'internat après la messe pour en purger une partie.

Le Surveillant Général, un prêtre bienveillant, avait tenté de m'inculquer les bonnes manières, mais il a fini par abandonner pour éviter un AVC prématuré.

Je me souviens d'une fois où, au lieu d'être en étude du soir avec les camarades internes, j'ai accompagné une camarade externe jusqu'à chez elle au quartier Blablim . Malheureusement, en arrivant chez elle, une voiture qui passait a illuminé la rue de ses phares, et c’est à ce moment que le Surveillant Général, se trouvant devant une boutique juste en face, m’a reconnu.

Il m'a aussitôt interpellé et m'a demandé ce que je faisais là à une heure aussi t**dive, alors que je devais être à l'internat en train de réviser. Je lui ai répondu que j'étais simplement sorti prendre un peu l'air. Il m'a alors dit : "OK, tu me retrouveras au collège pour m'expliquer tout ça", avant de démarrer sa mobylette, bien décidé à me devancer et m'attraper en flagrant délit à mon retour.

Ce qu'il ignorait, c'est que j'étais le meilleur marathonien du collège, et que même si je n'excellais pas en maths, je savais que la ligne droite est le chemin le plus court entre deux points. Sitôt parti, j'ai laissé mon amie sur place et j'ai filé en direction du collège, traversant champs, cours, terrain de foot, clôtures, et la cour du collège technique. Dix minutes plus t**d, j'étais en classe, tout en sueur, parmi mes camarades.

Entre-temps, le Surveillant Général, certain de son avantage avec sa mobylette, était arrivé au collège et s'était dirigé vers notre salle de classe, prêt à m'attendre devant la porte pour me surprendre. Quelle ne fut pas sa surprise en me voyant assis au fond de la classe, en train d'étudier sérieusement comme un élève assidu ! Ne sachant que dire, il m'appela dehors et, hébété, me demanda : "Maoualé, comment as-tu fait ?". Feignant l'innocence, je répondis : "Comment j'ai fait quoi, mon père ?".

Je ne sais pas s'il a trouvé le sommeil cette nuit-là, mais ce qui est certain, c'est qu'il avait compris qu'il faisait face à un cas particulier et qu'il allait devoir employer les grands moyens pour me rappeler qui était le shérif du coin. Quant à moi, je savais désormais que j'étais surveillé de près, alors j'ai fait de grands efforts pour éviter d'autres gaffes majeures.

Mais c'était sans compter sur les mélodies congolaises qui parvenaient souvent jusqu'à moi, la nuit, en provenance des bars environnants. Ces rythmes me faisaient rêver d'être sur la piste de danse, et je n'avais alors qu'une seule idée en tête : y participer.

Par un pur hasard, j'ai découvert un moyen de sortir discrètement du collège la nuit, en observant un chien pourchassé par nos cuisiniers après qu'il ait volé de la viande. Acculé, l'animal s'était enfui par un trou dans le grillage. Après une exploration minutieuse, j'ai confirmé que l'ouverture était assez large pour que je puisse m'y faufiler. Ce soir-là, j'ai profité de cette nouvelle découverte pour m'échapper et rejoindre les ambianceurs du voisinage.

Ma nouvelle vie nocturne me procurait une telle paix intérieure que je ne faisais plus de bêtises durant la journée. Cela parut suspect au surveillant, qui se doutait bien qu'une reconversion aussi soudaine ne pouvait être naturelle chez moi. Il m'a donc fait surveiller jour et nuit, jusqu'à ce qu'il découvre mes escapades nocturnes et la cause de mon soudain comportement exemplaire.

Une nuit, alors que je revenais d'une de mes virées t**dives, je traversais comme d'habitude le trou dans le grillage et rampais silencieusement sur le terrain de football pour rejoindre les bâtiments. Soudain, je fus ébloui par cinq puissantes lampes torches. Tandis que je tentais de fuir vers le trou du grillage, j'entendis la voix puissante du surveillant me crier : "Maoualé, on sait que c'est toi, arrête-toi tout de suite !". Je me suis arrêté, et le surveillant, accompagné de toute l'équipe des gardiens, m'a conduit devant la direction, sous le drapeau.

Là, il me demanda d'une voix forte : "Maoualé, que veux-tu au juste ? Tu veux quitter l'internat, c'est ça ? Si c'est ça, je peux te faire quitter l'internat dès cette nuit !". Nos dortoirs étant à l'étage, sa voix réveilla tous les internes de ce côté du collège, qui purent ainsi me voir sous les feux des lampes torches, tête baissée et ne pouvant dire un mot.

Cette nuit-là, je n'ai pas fermé l'œil, et dès le lendemain, j'ai pris la décision que plus jamais on ne me mettrait en avant pour me montrer du doigt comme le mauvais exemple à ne pas suivre. Peu à peu, j'ai commencé à m'améliorer en demandant des conseils à mes camarades, en observant leurs comportements, et en imitant leurs bonnes actions.

Pourquoi je raconte ces histoires ?

À toi, mon père, ma mère ;
À toi, ma sœur, mon frère ;
À toi, ma fille, mon fils ;

À toi qui as fait tant d'erreurs que tu en es venu à penser qu'elles te définissent ;
À toi qui as tant entendu de reproches que tu as fini par croire que tu es mauvais ou mauvaise;
À toi qui penses que ce que tu fais ou ce que tu es maintenant te limite pour toujours ;

Si je peux t'écrire ces mots aujourd'hui et que tu peux les lire, sache que tout est possible dès l'instant où tu le décides.

Oublie ce que les autres disent ou pensent de toi ! Concentre-toi sur ce que toi tu penses de toi-même, et suis ce petit conseil :

1- Convaincs-toi que ce que tu veux est réalisable.
2- Convaincs-toi que tu mérites cette chose.
3- Agis sans relâche jusqu'à l'obtenir.

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Je suis Mao. Humain, ingénieur et coach.
J'aide les jeunes africains à changer leurs pensées en partageant avec eux mes recherches, réflexions et expériences pour améliorer les conditions de vie dans leurs communautés.

Adresse

A 500 M Derrière Le Lycée De Gassi, Rue Du CSP16
N'djamena
BP987

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66299238

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