01/07/2012
Pour l'amont de la filière (du puits au client final), les principaux dangers du gaz naturel sont liés au fait qu'il est extrait, véhiculé et fourni sous pression, qu'il est inflammable et explosif. De plus, les gisements les plus accessibles s'épuisent. Il faut donc forer plus profondément et faire appel à des gaz non-conventionnels souvent plus sales, acides, corrosifs et toxiques. Les industriels ont à traiter et gérer une quantité croissante de soufre (sous forme de H2S principalement), ce qui n'est pas tout à fait nouveau (c'était le cas dès les années 1950 dans le gisement de Gaz de Lacq dans le sud-ouest de la France (16 % d'hydrogène sulfuré et 10 % de CO227, deux gaz acidifiants et très toxiques pour le H2S)). On parle maintenant de gaz ultra-acides (Sour and Acid Gas27 pour les anglophones), par exemple pour le gaz d'Elgin-Franklin en Mer du nord. 40 % de gaz des réserves mondiales connues en 2005 et susceptibles d'être exploitées (plus de 2 600 billions de pieds cubes), sont acides ou ultra-acides et riches en H2S28. Dans ces réserves, plus de 350 milliards de pieds cubes contiennent plus de 10 % de H2S28. Outre des risques de corrosion exacerbés pour l'industrie extractive, ce caractère acido-toxique est a priori source d'un risque supplémentaire en cas d'accident ou de fuite.
pour l'aval de la filière (utilisation par le client), les principaux dangers du gaz naturel proviennent du risque d'explosion et d'incendie, et du fait qu'il émet des produits de combustion dangereux pour l'environnement et la santé (gaz à effet de serre pour le long terme, et risque d'asphyxie en atmosphère confinée ou cas de mauvaise combustion) :
inflammation : le gaz naturel est combustible, il peut s'enflammer dans certaines conditions en présence d'air et d'une source de chaleur. Sa limite inférieure d'inflammabilité est de 5 % et sa limite supérieure d'inflammabilité est de 15 %.
explosion du mélange air/gaz :
en milieu libre (non confiné), le gaz naturel ne détone pas et son inflammation conduit à de faibles surpressions.
en milieu confiné, il peut y avoir explosion en cas d'inflammation d'un mélange air/gaz s’il y a suffisamment de gaz dans le mélange.
gaz comprimé : La libération du gaz comprimé à forte pression peut s'accompagner de projections d'objets (éclats métalliques, terre, pierres...).
anoxie
en milieu libre le gaz naturel, plus léger que l'air, s'élève rapidement et se disperse sans créer de nappe gazeuse ni au sol, ni dans l'atmosphère.
en milieu confiné de par sa composition, le gaz naturel peut agir à forte concentration, par inhalation, comme gaz asphyxiant par privation d'oxygène.
intoxication en cas de combustion incomplète : En milieu confiné et dans le cas d'une mauvaise combustion du gaz naturel en milieu appauvri en oxygène (défaut d'air de combustion ou ventilation insuffisante), il peut y avoir production de monoxyde de carbone (toxique à de très faibles concentrations) dans les produits de la combustion.