25/02/2014
Les activités liées aux produits textiles sont nombreuses et diversifiées en Inde, de la production des fibres jusqu’aux
produits finis. Elles jouent un rôle de premier rang dans l’économie du pays. Elles sont donc très suivies et soutenues
par l’Etat, en particulier lorsque leur niveau de compétitivité est en déclin. C’est l’un des principaux secteurs qui
contribue à l’insertion de l’Inde dans les échanges internationaux. Si l’Inde est un exportateur majeur de matières
premières, elle doit subir la concurrence de certains de ses voisins (Bangladesh, Sri Lanka) sur les produits finis.
Un secteur très inséré dans les échanges internationaux
L’Inde est le troisième exportateur mondial de textiles avec 5,1% du marché mondial, loin derrière la Chine (32% du
marché mondial) et l’Union Européenne (26% du marché mondial). Le pays est avant tout exportateur de matières
premières : l’Inde représente selon les années entre 15% et 25% des exportations de coton dans le monde. La Chine absorbe selon les années jusqu’à la moitié de ces exportations indiennes. Le Bangladesh, où l’activité textile est très
importante, dépend en quasi-totalité de l’Inde pour ses approvisionnements en coton. Les exportations de fibres
artificielles et synthétiques sont également importantes. Elles alimentent surtout les industries textiles des EAU, de
la Turquie, du Brésil, de l’Egypte et de l’Iran. Au total, les exportations de matières premières représentent 40% des
exportations textiles indiennes, ce qui peut créer ponctuellement des conflits d’intérêt avec l’industrie nationale,
très grosse utilisatrice elle aussi de ces matières.
Les produits finis, c’est-à-dire la confection et la bonneterie, représentent également 40% des exportations textiles
indiennes. Dans ce domaine toutefois, l’Inde n’arrive qu’en 5ème position avec 3,2% du marché mondial, devancée
par la Chine (37% du marché mondial), l’Union Européenne (28%), le Bangladesh (4,5%) et la Turquie (3,6%). Elle est
talonnée par le Viêt-Nam (3,1% du marché mondial) et, dans une moindre mesure, l’Indonésie (1,9%). Ce secteur se
caractérise par sa très grande sensibilité aux coûts de main d’œuvre. Or l’inflation des prix des matières de première
nécessité et, paradoxalement, les politiques sociales mises en œuvre par le gouvernement, comme la possibilité
offerte aux ruraux de toucher un salaire minimum pendant 100 jours par an, ont élevé le niveau des bas-salaires.
Ceci pénalise l’Inde vis-à-vis de ses pays concurrents. Les exportations textiles du Bangladesh vers l’UE sont en outre
exemptées de droits de douane, alors que les exportations provenant de l’Inde supportent des droits de 9,6%. Les
débouchés de ce secteur sont principalement l’Union Européenne (31% des exportations de confection et
bonneterie), les Etats Unis (23,2%), les EAU (9,8%), l’Arabie Saoudite (2,3%), le Japon (1,6%) et l’Afrique du Sud (1%).
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Au sein de la zone Asie du Sud, le textile représente un facteur d’intégration et de compétition, les pays voisins de
l’Inde étant parfois ses clients et, plus souvent, ses concurrents. La compétitivité de l’industrie textile indienne qui ne
bénéficie pas d’un régime préférentiel comparable à celui du Bangladesh et qui ne s’est pas engagée dans une
modernisation qui lui aurait permis d’élargir sa chaîne de valeur vers les segments à plus forte valeur ajoutée
(vêtements) a tendance à s’éroder. Dans un tel contexte, l’obtention de la suppression des droits de douane de 9,6%
imposés actuellement par les Européens pourrait être l’un des objectifs à atteindre par l’Inde dans le cadre de la
négociation du volet NAMA de l’accord de libre-échange avec l’UE.