06/01/2026
ENFANTS DU GRASSFIELD REGARDONS-NOUS AVEC HONNÊTETÉ, SANS PASSION INUTILE, mais avec respect pour notre histoire.
Entre les peuples Bamiléké de l’Ouest, ceux du Grassfield de Bamenda et les communautés de Lebialem, les liens ne sont pas superficiels… ils sont profonds, visibles et vécus.
Nous partageons d’abord une organisation traditionnelle presque identique : la chefferie, avec le Fo’o ou Fon, entouré de notables, de sociétés secrètes et de gardiens des traditions. Le rôle du chef, sacré et central, est le même : protéger le peuple, incarner la continuité des ancêtres, maintenir l’ordre social.
Nos cultures matérielles parlent aussi pour nous. Les cases traditionnelles, les concessions familiales, les palais royaux construits autour de cours, les symboles de pouvoir comme les sièges sculptés, les masques, les tambours, les totems… tout cela existe des deux côtés, avec des formes parfois différentes, mais une signification commune. Les tenues traditionnelles le Ndop, les parures, les coiffes racontent la même esthétique et le même rapport à l’identité.
Même dans nos pratiques sociales, la ressemblance est frappante : le respect profond des anciens, la solidarité communautaire, les réunions familiales élargies, les rites de naissance, de mariage et de deuil, les sociétés initiatiques comme le Kwifon ou les groupes équivalents.
Nos langues elles-mêmes portent des racines communes. Quand on écoute attentivement, on entend des sonorités proches, des structures similaires, des mots qui se répondent d’un village à l’autre, d’une région à l’autre.
Et que dire de nos valeurs ?
Le travail, le courage, l’esprit d’entreprise, le sens de la dignité, la capacité à s’organiser et à progresser… ces traits sont reconnus chez les Bamiléké comme chez les peuples du Grassfield anglophone et du Lebialem.
Alors posons-nous une question simple :
comment des peuples qui se ressemblent autant peuvent-ils aujourd’hui se percevoir comme si éloignés ?
Oui, l’histoire coloniale, les frontières administratives, les influences linguistiques (francophone et anglophone) ont créé des barrières. Mais ces barrières sont récentes à l’échelle de notre histoire. Elles ne doivent pas effacer ce que nous sommes profondément.
Refuser de voir nos liens, c’est affaiblir notre héritage.
Accepter nos ressemblances, ce n’est pas se perdre c’est se retrouver.
Nous n’avons pas besoin d’être identiques pour être unis.
Nous avons simplement besoin de reconnaître ce qui nous relie déjà.
Il est temps de reconstruire les ponts entre l’Ouest, Bamenda et Lebialem.
Il est temps de parler avec respect, d’enseigner à nos enfants cette histoire commune, et de transformer cette proximité culturelle en force collective.
J’en appelle à tous les blogueurs des Grassfields, anglophones et francophones, de parler de notre culture, parler de ce qui nous unis en tant que Peuple.
Parlez de notre histoire commune, partagez-la largement, sans relâche, afin qu’elle s’ancre profondément dans la mémoire de la nouvelle génération.
Nos ancêtres étaient liés.
Rien ne nous empêche de l’être à nouveau.
L’union n’est pas un rêve.
C’est un retour à l’essentiel. 🤝
✍️🏽 Je Suis Bamiléké, I Am Grassfield 2.0